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    Essai d'un missile iranien. Image d'illustration.

    Test de missile iranien: Téhéran a-t-il violé ses engagements?

    © AP Photo / Amir Kholousi, ISNA
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    Le lancement des tests de la centrifugeuse iranienne IR-8 et le tir d'essai d'un nouveau missile balistique ont eu un vif écho dans le monde entier, et notamment à Washington.

    Pendant sa campagne présidentielle, le nouveau locataire de la Maison Blanche Donald Trump a à plusieurs reprises recouru à la rhétorique anti-iranienne. Le candidat républicain a notamment qualifié d'« horrible » l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les Six à l'issue de 21 mois de négociations. Bien logiquement, le dirigeant US a douloureusement réagi aux récents tests d'une centrifugeuse et d'un missile iraniens.

    Pour le politologue Vladimir Sajine, bien que l'irritation de Washington soit facilement explicable, les démarches de la République islamique ne violent toutefois pas les dispositions de l'accord nucléaire avec les Six.

    « Le document en question stipule que l'Iran est autorisé à mener des essais de la IR-8 sur des unités séparées sans les installer en cascades. À partir de 2024, l'Iran pourra procéder aux essais d'une cascade qui ne comptera pas plus de 30 centrifugeuses », explique l'expert.

    Il attire l'attention sur le fait que la productivité, l'efficacité et la fiabilité des centrifugeuses iraniennes de dernières générations sont bien inférieures à celles des installations russes et occidentales.

    « On peut ainsi être sûr que l'Iran mène ses recherches nucléaires en stricte conformité avec l'accord avec les Six et la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'Onu. Les préoccupations exprimées par certains médias et observateurs suite à cette intensification des activités nucléaires iraniennes semblent exagérées », estime M. Sajine.

    Le 29 janvier dernier, l'Iran a testé son nouveau missile balistique de moyenne portée. Washington a réagi en élargissant ses sanctions à l'égard de Téhéran, qui visent désormais 13 nouvelles personnes physiques et 12 entités iraniennes. Cependant, l'accord entre l'Iran et le groupe de Six ne comporte pas d'interdiction des essais balistiques, tandis que la résolution 2231 n'appelle Téhéran qu'à s'abstenir de tirs de missiles capables de porter une charge nucléaire, souligne l'expert.

    Le politologue rappelle que le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a déclaré que l'essai balistique iranien ne constituait pas une violation directe des dispositions de l'accord nucléaire, mais qu'il était toutefois contraire à son esprit.

    Or, Vladimir Sajine reconnaît que l'utilisation de missiles balistiques de moyenne portée n'est rentable qu'à condition qu'ils portent une charge nucléaire. « Ils sont trop coûteux pour les charger de substances explosives conventionnelles », indique-t-il.

    Dans le même temps, il faut prendre en compte le fait que les programmes balistique et nucléaire iraniens sont développés sous l'égide du Corps des gardiens de la révolution islamique, structure qui s'oppose à la politique conduite actuellement par le président Hassan Rohani ainsi qu'à l'accord nucléaire signé entre Téhéran et la communauté internationale. Dans ce contexte, il est probable que les essais du nouveau missile iranien avaient pour objectif de provoquer le nouveau président américain, affirme M. Sajine.

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    Tags:
    Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), missiles, centrifugeuse, violations, accord, programme nucléaire iranien, Sean Spicer, Hassan Rohani, Vladimir Sajine, Donald Trump, Iran
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