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Lutte contre Daech à Al-Bab (2016) (25)
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«Ils nous ont laissé deux choix: aller dans les villes qu’ils occupent ou servir de boucliers humains à Al-Bab». Témoignage d’un Syrien qui a réussi à fuir l’enfer djihadiste.

Le Syrien Ioussef Mahmoud al-Radjab considère qu'il a eu la chance d'une nouvelle vie : il a réussi à fuir la ville syrienne d'Al-Bab, théâtre de combats opposant les groupes armés soutenus par la Turquie à l'organisation terroriste Daech.

L'opération Bouclier de l'Euphrate, initiée par la Turquie, a débuté en août dernier. Ces derniers temps, son objectif principal est la libération de la ville d'Al-Bab contrôlée par Daech. De leur côté, les forces gouvernementales syriennes progressent également en direction de cette ville et libèrent des localités dans l'est de la province d'Alep (nord de la Syrie).

« L'aviation turque et les forces de l'opération Bouclier de l'Euphrate ont complètement démoli près de 90 % de la ville, quant aux 10% qui restent, ils ne sont plus habitables », relate Ioussef Mahmoud al-Radjab dans un commentaire à Sputnik.

Selon ce dernier, les djihadistes de Daech ne laissaient aux habitants locaux que deux choix : aller à Raqqa, Tabqa ou Emar, qu'ils contrôlent, ou devenir boucliers humains à Al-Bab. En dépit du risque, dont il était tout à fait conscient, al-Radjab et sa famille ont décidé de fuir.

Une voie semée d'embûches

« Lorsqu'on se dirigeait vers la ville de Tadef, un terroriste de Daech m'a demandé où on allait », se souvient-il des premiers moments de l'aventure dans laquelle il s'était lancé.

« Il s'est mis à hurler pour que je rentre. Je lui ai répondu : "Où puis-je rentrer ? J'ai des enfants et mon épouse, tandis que le quartier est sous le feu. Je vais m'installer sur le terrain que je possède non loin d'ici" », se rappelle al-Radjab.

« Va à Raqqa, (…) ou poursuis ton chemin et prochainement vos dépouilles retourneront chez nous », telle fut la réponse du djihadiste.

La voie vers la liberté passait par le feu des terroristes. « Nous étions une trentaine dans un bus, après un kilomètre de route nous avons essuyé des tirs nourris. Cinq personnes ont été tuées et les autres blessées », raconte al-Radjab.

Lorsque Tadef était déjà proche, les troupes gouvernementales sont apparues à l'horizon. « Ils ont évacué les femmes et les enfants à bord de chars. D'autres ont été placés dans un refuge à Jibrine », explique l'homme qui avoue être arrivé apeuré, blessé et fatigué.

Frontalière avec la Turquie, la ville d'Al-Bab a été occupée par les terroristes il y a trois ans. À l'automne dernier, les troupes turques et des groupes de l'opposition armée ont lancé une offensive contre la ville sans le feu vert de Damas, violant la souveraineté de la Syrie.

Les troupes gouvernementales sont à proximité immédiate de cette ville, importante du point de vue stratégique, si bien que les terroristes sont bloqués au nord et à l'est par l'armée turque et ses alliés et au sud et au sud-ouest par l'armée gouvernementale. Des combats acharnés se poursuivent en périphérie de la ville.

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Lutte contre Daech à Al-Bab (2016) (25)

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Tags:
atrocités, témoignage, fuite, tirs, victimes, offensive, armée gouvernementale syrienne, Etat islamique, Turquie, al-Bab, Syrie
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