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Washington et Tokyo ont évité de critiquer Pékin lors de la récente visite du premier ministre nippon Shinzo Abe aux États-Unis. Selon les experts interrogés par Sputnik, il s’agit d’une victoire diplomatique de la Chine.

Le changement observé dans la rhétorique américaine concernant la Chine est un résultat géopolitique « important et intéressant » de la récente visite du premier ministre nippon Shinzo Abe aux États-Unis, a déclaré à Sputnik Alexandre Larine, expert des relations sino-américaines de l'Institut russe de l'Extrême-Orient.

« Donald Trump, qui a fait beaucoup de déclarations retentissantes au sujet de la Chine, est maintenant confronté aux problèmes réels des États-Unis. Il s'agit de problèmes nombreux et dans tous les domaines. Il est devenu clair qu'on ne pouvait pas les régler d'une manière soudaine et qu'il fallait avancer avec prudence en tenant compte de tous les facteurs, y compris de l'influence globale et du potentiel de la Chine. L'essentiel est qu'il a compris qu'il faut éviter à tout prix de compliquer les relations avec la Chine », a indiqué M. Larine.

Les États-Unis se sont déjà montrés prêts à améliorer leurs rapports avec la Chine lors de la célébration du Nouvel An lunaire et de la première visite du nouveau chef du Pentagone au Japon et en Corée du Sud.

Le président américain s'est récemment exprimé au sujet des relations sino-américaines lors d'une conférence de presse donnée à Washington à l'issue d'une visite du premier ministre nippon aux États-Unis. Commentant les actions de Pékin dans le domaine de la sécurité, le président Trump a déclaré avoir mené un entretien « très chaleureux » avec le président chinois Xi Jinping avant d'espérer que cela permettrait aux États-Unis et à la Chine de « s'entendre » pour le bien de toute la région, y compris du Japon. Commentant le cours du yuan, M. Trump a cette fois évité de qualifier Pékin de « manipulateur monétaire ».

D'autre part, la Chine n'a jamais répondu aux déclarations provocatrices de Donald Trump, se montrant prête à dialoguer mais aussi à défendre ses intérêts nationaux.

« Cela aurait poussé M. Trump à ce changement de rhétorique. Je crois que les futures actions de Donald Trump concernant la Chine […] seront plus réfléchies. Mais de nouveaux exemples de la rhétorique antichinoise ne sont pas à exclure », a ajouté Alexandre Larine.

D'après Wang Xiaofeng, expert du Centre d'études des États-Unis à l'Université Fudan de Shanghai, la nouvelle administration américaine évite de critiquer Pékin parce qu'elle n'a pas encore formulé sa politique à l'égard de la Chine.

« La visite de Shinzo Abe aux États-Unis avait surtout pour but de renforcer l'alliance entre le Japon et les États-Unis. Le secrétaire américain à la Défense avait adopté une position modérée sur la mer de la Chine méridionale lors de sa visite au Japon. Tout le monde attend les actions de Donald Trump et se demande si le président respectera ses promesses électorales concernant la mer de Chine méridionale et le cours du yuan », a indiqué Wang Xiaofeng à Sputnik.

Il a rappelé que la Chine avait insisté sur sa position au sujet de Taïwan, la mer de Chine méridionale, ainsi que les îles Diaoyutai (Senkaku ou Pinnacle) en mer de Chine orientale qui sont contrôlées par le Japon et revendiquées par Taïwan et la Chine.

« M. Trump n'a pas critiqué la Chine […] parce qu'il n'a pas encore formulé sa politique à l'égard des relations sino-américaines », a estimé l'expert chinois.

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Tags:
rhétorique, visite, diplomatie, yuan, litiges territoriaux, Shinzo Abe, Wang Xiaofeng, Alexandre Larine, Donald Trump, Taïwan, Îles Senkaku (Diaoyutai), Mer de Chine méridionale, mer de Chine orientale, Japon, Chine, États-Unis
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