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    Smartphone ou nourriture? Le cruel dilemme des migrants

    © REUTERS / Arnd Wiegmann
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    Crise migratoire (785)
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    Dans les camps de réfugiés il faut souvent choisir: acheter de la nourriture ou un téléphone portable pour rester connecté aux siens. Or, souvent, ils optent pour le deuxième. Zoom sur les raisons d’un tel choix.

    En 2015, le continent européen s'est retrouvé confronté à une crise migratoire qui peut être qualifiée à juste titre de l'une des plus importantes de l'histoire. Les images et les vidéos de personnes cherchant asile sur le Vieux continent ont fait le tour du monde. Ce qui a toutefois attiré l'attention des internautes sur ces clichés, ce sont les téléphones portables et les smartphones qu'avaient sur eux ceux qui ont fui le pays en guerre.

    Dans les camps, les réfugiés sont souvent amenés à choisir entre la nourriture et la possibilité de rester connectés aux leurs. Le journal britannique The Economist a fait sa propre enquête afin de mieux comprendre les motivations des réfugiés.

    « Je dois être en contact avec ma femme, qui reste chez elle », confie Hekmatullah, un réfugié afghan de 32 ans, assis dans une tente sale dans le camp de migrants d'Oenophyta, près d'Athènes. Le Wi-Fi y fonctionne très rarement, alors il a dû acheter le téléphone portable à crédit. Cela signifie que lui et ses compagnons de voyage — sa sœur, son ami et ses cinq enfants-souffrent parfois de la faim.

    Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), de telles histoires sont monnaie courante dans les camps de migrants. Les réfugiés peuvent facilement dépenser un tiers de leurs économies pour rester connectés.

    Un autre problème — l'absence de réseaux Wi-Fi. C'est le cas du camp situé près de la commune française de Dunkerque. Ce refuge n'étant que provisoire, les autorités locales refusent d'y installer le réseau. Pour trouver une connexion gratuite, les migrants sont donc obligés de parcourir des kilomètres à pied.

    Selon un spécialiste de l'université de Pennsylvanie, ce phénomène a été baptisé « informational no-man's-land » (no-man's-land informationnel). Cela signifie qu'un refugié qui arrive dans un pays inconnu ne sait jamais où il doit aller, à qui s'adresser. Toutefois, le smartphone l'oriente dans n'importe quelle situation. De plus, il permet de toujours être en contact avec les membres de sa famille, qui n'ont pas réussi à quitter les pays en guerre.

    Néanmoins, ce n'est pas la seule raison d'un tel attachement des réfugiés aux technologies. Les smartphones leur donnent une chance de fuir en Europe: on peut ainsi rester en contact avec les passeurs et découvrir les itinéraires secrets.
    En outre, les réfugiés lisent les actualités afin d'être toujours au courant de la situation migratoire, et de choisir le meilleur pays hôte.

    Certaines organisations tentent même de profiter de la confiance des réfugiés dans l'information en ligne.

    Par exemple, le Bureau européen d'appui en matière d'asile, qui gère le programme de relogement de l'UE, a créé une page Facebook, une application et des vidéos sur la vie dans différents pays, et pas uniquement en Allemagne et en Suède, afin de persuader certains des migrants séjournant dans ces deux pays de partir pour d'autres destinations.

    L'année dernière, Google a offert 1 million de dollars à la Fondation Clooney pour la Justice, un organisme de bienfaisance, pour ouvrir dans les camps de réfugiés libanais des écoles spéciales équipées d'ordinateurs portables et de matériel pédagogique. Encourager les migrants à étudier en ligne les aiderait à s'intégrer et, finalement, à devenir plus productifs dans leurs nouveaux foyers.

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    Tags:
    demandeurs d'asile, téléphonie mobile, réfugiés, camp de réfugiés, crise migratoire, Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), The Economist, Europe
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