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Le général de division Amadou Kane, commandant adjoint de la Force MINUSMA au Mali, a accordé un entretien exclusif à Sputnik.

Les premières patrouilles mixtes composées de membres de l'armée régulière et d'ex-combattants de groupes armés ont été mises en place au Mali conformément à l'accord d'Alger conclu en 2015. Censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire, ces patrouilles sont menées par la Mission des Nations unies pour la sécurité au Mali (MINUSMA).

Comment rétablir la paix à Gao et notamment à Kidal, la capitale touarègue, où aucun soldat malien n'a mis les pieds depuis 2005? La force militaire française, Barkhane contribue-t-elle à l'amélioration de la situation dans le pays déstabilisé depuis le déclenchement de la guerre en Libye? Le commandant adjoint de la Force MINUSMA, le général de division sénégalais Amadou Kane, répond aux questions de Sputnik.

Le militaire rappelle que les patrouilles mixtes à Gao s'inscrivent dans le cadre des « mesures de confiance » entre trois parties signataires de l'accord d'Alger. Selon lui, il s'agit d'unités constituées « de militaires maliens, d'ex-combattants de la CMA et de la Plateforme », qui doivent participer à la sécurisation avec les forces internationales, dont la MINUSMA et la force Barkhane.

À la question de savoir s'il était difficile de diriger des unités aussi disparates, le général Kane reconnaît que ce « n'était pas facile au départ ».

« C'est pourquoi la MINUSMA et Barkhane ont constitué, dans un premier temps, un groupe chargé d'assurer la formation technique de ces unités-là mais surtout de renforcer la cohésion au sein de ces unités. (…). Nous faisons tout pour affermir la fraternité entre les combattants. (…) Au début, il y avait un climat de suspicion qui régnait mais nous avons pris toutes les dispositions pour éviter qu'il y ait des problèmes », explique l'interlocuteur de l'agence.

Toujours d'après M. Kane, la particularité du conflit malien consiste en ce qu'il se déroule entre trois parties, dont le gouvernement, la CMA et la Plateforme. « Mais en plus, nous avons une menace qui est là, des groupes terroristes qui évoluent dans la zone, nous avons des problèmes intercommunautaires, donc c'est un imbroglio très complexe », indique-t-il.

Le général a salué le travail « extrêmement important » accompli par les forces françaises au Mali. « La MINUSMA n'a pas de mandat pour faire du contreterrorisme. Ce que la force Barkhane fait, cela crée de la complémentarité (…). Et il y a une relative amélioration de la situation et je pense que les populations en sont très conscientes », souligne le militaire.

Il a également fait savoir que le gouvernement malien suivait de près l'évolution de la situation en Libye et dans l'ensemble de la sous-région. « Je pense que c'est important, sur le plan sous-régional, de mener une coopération en matière de renseignement. Nous travaillons afin d'échanger des informations pour pouvoir anticiper, éviter que ce qui s'est passé en 2012 se répète », conclut-il.

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Tags:
sécurité, conflit, MINUSMA, Amadou Kane, Mali
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