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    L’Europe examine son propre potentiel de dissuasion nucléaire, sans les USA

    © AFP 2018 Anne-Christine Poujoulat
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    L’idée, qui paraissait jadis incroyable, attire aujourd’hui de plus en plus d’attention au sein des milieux politiques européens: le projet de mise en place d’un programme nucléaire de l’UE est examiné pour garantir la sécurité du continent européen au cas où ce dernier ne pourrait pas compter sur l’aide des États-Unis, écrit le New York Times.

    Si l'Europe met en place son programme nucléaire, les arsenaux français seront réorientés pour protéger le reste du continent et se retrouveront sous le commandement, le financement et la doctrine militaire européens communs, est-il indiqué dans une publication parue dans le New York Times.

    Des experts soulignent que le projet en question, même au cas où il ne verrait jamais le jour, traduit le sentiment grandissant de la nécessité d'entreprendre des démarches radicales en Europe pour défendre l'ordre établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et ce dans le contexte de « la présidence de Trump et du redressement de la Russie ».

    Toutefois, même les partisans du soi-disant Eurodeterrent (projet de dissuasion européenne), aujourd'hui encore minoritaires, reconnaissent l'existence d'énormes obstacles à sa réalisation. En même temps, les discussions autour de ce plan sont d'ores et déjà répandues, notamment en Allemagne, pays qui occupera la place centrale dans n'importe quel projet européen et où en même temps les convictions antinucléaires sont fréquentes, est-il indiqué dans l'article.

    Jana Puglierin, analyste au sein du Conseil allemand en charge des relations internationales a déclaré à l'édition que des fonctionnaires européens haut placés « avaient initié des débats publics sur ce sujet si bien qu'il s'est retrouvé dans les journaux et les magazines, et devient le sujet de documentaires… Je suis vraiment étonnée qu'on en discute ». Entretemps, l'ex-premier ministre polonais et chef du parti au pouvoir Jaroslaw Kaczynski a indiqué en février dernier dans une interview à un journal allemand que l'appel à la mise en place d'un programme nucléaire de l'UE devrait être discuté au plus haut niveau.

    Mais le projet et surtout soutenu par Roderich Kiesewetter (CDU), membre du Bundestag, qui a commencé à prôner la mise en place de l'Eurodeterrent tout de suite après l'élection de Donald Trump. « Mon idée est de construire le programme nucléaire sur la base des potentiels français et britannique existant », déclare-t-il avec précaution. Toutefois, il reconnaît que la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE pourrait entraver le projet.

    Des dizaines d'ogives nucléaires américaines sont déployées en Allemagne, en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas en tant que force de réaction rapide et de symbole de garantie de la protection du continent, rappelle le journal. M. Kiesewetter souligne que son projet se substituera à l'état des choses actuelles. Selon lui, le projet reposera sur quatre composantes : l'engagement de la France de transférer ses armes pour une défense européenne commune, le financement de l'Allemagne pour démontrer le caractère collectif du programme, ainsi que le commandement unifié et le déploiement des ogives françaises dans d'autres pays européens.

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    Tags:
    dissuasion, nucléaire, Donald Trump, Jaroslaw Kaczynski, Royaume-Uni, Europe, France, Allemagne
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