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Selon Die Welt, les élections législatives de ce mercredi aux Pays-Bas donnent le coup d’envoi d’une année de super-élections européennes susceptibles de modifier de fond en comble l’Europe actuelle. Bruxelles croise les doigts pour les pro-européens.

Contrairement aux prévisions annonçant un succès phénoménal du Parti pour la liberté (extrême droite), dirigé par Geert Wilders, le résultat des élections législatives aux Pays-Bas pourrait être tout à fait différent, et pas si favorable aux populistes de droite.

Des experts sont convaincus en effet que les partisans de M. Wilders remporteront moins de sièges au parlement que ce qu'ils espéraient au profit du Parti populaire libéral et démocrate du premier ministre Mark Rutte. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le plus grand préjudice à la cote de popularité de Geert Wilders a été causé par le président turc Recep Tayyip Erdogan, ou plutôt par le conflit diplomatique opposant Ankara et Amsterdam. Bien qu'il profite à la fois aux deux parties.

L'humiliation publique subie par la Turquie, dont deux ministres sont rentrés bredouille des Pays-Bas sous escorte policière après l'interdiction d'intervenir devant la communauté turque de ce pays, a aidé M. Erdogan à rassembler son électorat. Aux yeux de nombreux habitants de la Turquie, le président, qui fustige l'Union européenne, intervient comme un défenseur de leurs compatriotes dont les droits sont foulés aux pieds par la droite néerlandaise. Le dirigeant turc espère que cette vague d'indignation poussera les électeurs à dire « oui » lors du prochain référendum en Turquie sur l'extension de ses pouvoirs.

Cependant, le principal bénéficiaire d'un bras de fer entre les deux pays est le parti du premier ministre Mark Rutte, au pouvoir aux Pays-Bas. Les dirigeants de l'UE ont croisé les doigts pour sa victoire qui signifierait automatiquement l'affaiblissement de « l'aile droite », ailleurs en Europe. Et surtout en France, où la présidente du Front national Marine Le Pen continue d'effrayer Bruxelles par la sortie de l'UE en cas de sa victoire. Soutenant les partenaires néerlandais dans leur conflit contre la Turquie, les dirigeants de l'Europe unie comptent sur un geste de courtoisie réciproque de la part des Pays-Bas.

Même si le Parti pour la liberté gagne les faveurs de la majorité des électeurs et arrive en première position, son chef de file n'a pas de chance de se voir à la tête du gouvernement : aucune force politique participant aux élections ne formerait une coalition avec les populistes de droite. Et Mark Rutte le comprend mieux qui quiconque. À la mi-février, il est entré sur son compte Twitter, pour la première fois depuis plusieurs années, pour apostropher Geert Wilders à propos de ses chances de former une coalition.

« Zéro pour cent, Geert. Zéro pour cent. Cela ne se fera jamais », a-t-il écrit.

Pour ce qui est du président turc, il poursuit l'échange de piques avec Amsterdam.

« Hollande, si tu sacrifies les relations turco-hollandaises au nom des élections de ce mercredi, tu le payeras », a-t-il déclaré dimanche dernier devant ses partisans.

La réponse des Pays-Bas n'a pas suivi.

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Tags:
gagnant, élections législatives, Parti populaire libéral et démocrate (VVD) des Pays-Bas, Parti pour la liberté (PVV), Recep Tayyip Erdogan, Geert Wilders, Mark Rutte, Turquie, Pays-Bas
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