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    La présidence de la RCA commente un non-lieu requis dans l’affaire de viols Sangaris

    © AFP 2019 Frad Dufour
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    Le Parquet de Paris a annoncé aujourd’hui qu’il demandait un non-lieu pour les soldats français de la force Sangaris en République centrafricaine accusés de viols sur des enfants d’un camp de déplacés entre 2013 et 2014. La présidence centrafricaine a livré en exclusivité un commentaire à Sputnik qui a mené sa propre enquête sur cette affaire.

    « C'est la décision du Parquet de Paris. Vous savez, le fonctionnement des Nations unies, c'est quand il y a choses comme ça à l'extérieur et [des personnes] qui sont accusés d'exactions, c'est leur pays d'origine qui est en charge justement de l'affaire. Voilà ce qui s'est passé. Le Parquet de Paris a parlé de non-lieu, ce qui ne veut tout simplement pas dire qu'il sera suivi par les juges. Tout ce que nous pensons, c'est que les juges ne suivront pas ce réquisitoire et que le cas échéant, nous aurons une réaction.

    Mais à l'heure actuelle, ça ne veut pas dire que les juges français vont suivre cette décision de non-lieu. Leur demande, c'est un non-lieu, mais les juges français ne suivront pas cette décision, je pense. S'il y a eu des actes qui ont été commis, les responsabilités doivent être établies. Le jour où les juges diront leur position par rapport à cette affaire, c'est là que nous réagirons, d'une manière ou d'une autre », a déclaré à Sputnik le porte-parole de la présidence centrafricaine, Albert Yaloké Mokpem.

    À la question de savoir si les témoignages recueillis permettaient de déterminer la responsabilité des militaires français M. Yaloké Mokpem a répondu ce qui suit : « D'après ce que j'ai compris, ils se sont appuyés sur des témoignages qui n'établissent pas formellement les choses, alors est-ce qu'ils sont allés au fond des choses ? Donc, au stade actuel, je ne peux pas en dire davantage que ce que je vous dis. Tout dépend de la position des juges », a-il-noté concluant qu'il ne restait plus qu'à attendre la décision des juges.

    En août dernier les envoyés spéciaux de Sputnik Ksénia Lukyanova et  Jean-Baptiste Deucher ont mené leur propre enquête sur place, en Centrafrique, sur les viols d'enfants par les miiltaires français.

    Les témoignages qu'ils ont recueillis auprès de certaines ONG et victimes d'abus sexuels attestent que les militaires français avaient commis nettement plus d'abus sexuels que la « petite dizaine » officiellement reconnue.

    Yvan, un responsable d'Yamacuir Centrafrique, une ONG locale qui depuis 2003 s'occupe d'enfants et d'adultes ayant subis des cas de violences physiques ou sexuelles, a alors confié aux envoyés de Sputnik qu'entre 2014 et 2015 plus d'une centaine de victimes d'abus sexuels perpétrés par des militaires français s'étaient adressées à leur centre d'accueil, situé dans le quartier du PK12, au nord de Bangui, la capitale.

    S'il est difficile pour l'instant d'établir avec précision le nombre de victimes des soldats français en Centrafrique, une chose est sûre: le chiffre officiel semble loin d'être exact.

    En ce qui concerne la décision du Parquet de Paris, citons un propos du président de la République Centrafricaine Faustin-Archange Touadéra qui est revenu sur cet affaire dans une interview exclusive accordée à nos envoyés spéciaux:

    « La France aurait dû faire en sorte que justice soit faite. Nous demandons que le droit des victimes soit respecté, et nous avons eu des pourparlers à ce sujet avec la France afin que la justice soit rendue. Vous savez que nous suivons de près ce dossier, et nous insistons sur le respect du droit des victimes. Pour les victimes et pour nous l'affaire traîne depuis trop longtemps mais nous espérons que ce dossier va aboutir à la sanction des auteurs. Le peuple attend cela, surtout les victimes », estime le président.

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    Tags:
    viol, abus sexuel, non-lieu, enfants, Sangaris (opération militaire française), Parquet de Paris, Albert Yaloké Mokpem, Faustin-Archange Touadéra, République centrafricaine
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