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    Avion de transport A400M

    L’armée française trop dépendante des Russes en termes de transport militaire?

    © REUTERS/ Fabrizio Bensch
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    Les forces françaises affichent une importante dépendance, concernant le transport des charges les plus lourdes vers les théâtres, envers les avions de transport An-124 dont les deux tiers appartiennent à des compagnies russes, s’alarme un rapport d’information parlementaire présentré mardi.

    Malgré l'entrée en service de l'A400M, l'armée française reste trop dépendante des Russes et des Ukrainiens pour le transport de matériel vers les théâtres d'opérations, ce qui menace son autonomie stratégique et fournit une arme redoutable entre les mains du Kremlin, dont Vladimir Poutine s'est déjà servi, affirme le rapport.

    Dans le rapport consacré au transport stratégique de l'armée française présenté mardi 28 mars à la commission des finances de l'Assemblée nationale, le rapporteur spécial François Cornut-Gentille réalise un double constat déplorable.

    Selon le député, l'entrée en service de l'A400M ne supprime pas le recours des forces françaises aux gros porteurs Antonov An-124, aux capacités d'emport cinq fois supérieures à celle de l'avion européen. En outre, cette situation met la France en dépendance vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine, les quelque 20 An-124 disponibles étant détenus par trois compagnies seulement : une ukrainienne et deux russes.

    « Pour la projection et l'entretien de nos forces armées sur les théâtres extérieurs, la France est soumise au bon vouloir d'opérateurs (aériens) russes et ukrainiens », regrette le député.

    Le rapporteur en vient à une conclusion alarmante.

    « Dans les faits, ce sont les Russes et les Ukrainiens qui ont la maîtrise de la projection de nos forces sur les théâtres extérieurs. C'est une véritable épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de la France », résume-t-il.

    L'armée française a, en effet, de quoi avoir peur : comptant 6 000 soldats au Sahel et au Moyen-Orient, elle couvre « au mieux » un quart de ses besoins en matière de transport stratégique.

    Elle ne dispose que de deux Airbus A340 et trois A310, âgés de 20 à 30 ans en moyenne, ainsi que de 11 Boeing C135 et trois KC135 d'un âge souvent supérieur à 50 ans.

    Le nouvel avion de transport militaire européen A400M, outre ses retards de livraison et problèmes techniques, ne peut pour sa part rivaliser en termes de coût et de capacité d'emport avec les gros-porteurs ukrainiens Antonov 124, notamment pour le fret hors gabarit, poursuit le rapport.

    Étant donné que « l'autonomie stratégique (française) est en réalité virtuelle », François Cornut-Gentille estime que le ministère de la Défense et l'état-major doivent « impérativement définir une stratégie » afin de réduire cette dépendance, ce qui « nécessitera des crédits supplémentaires significatifs ».

    Dans le cadre de l'Agence européenne de défense (AED), la France se serait discrètement renseignée en 2015 sur la possibilité d'avoir recours aux C-5 Galaxy de Lockheed Martin, seul avion occidental aux caractéristiques proches de l'An-124.

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    Tags:
    avions de transport militaire, dépendance, C-5 Galaxy, An-124, Airbus A400M Atlas, Assemblée nationale française, François Cornut-Gentille, Ukraine, Russie, France
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