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    Les messageries instantanées bientôt moins sécurisés pour combattre le terrorisme?

    Les messageries instantanées bientôt moins sécurisés pour combattre le terrorisme?

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    La demande du ministre britannique de l’Intérieur d’ouvrir les systèmes de messagerie aux services de renseignement du pays a provoqué des réactions contradictoires. Est-ce la solution pour contrer la menace terroriste ou s'agit-il au contraire d'une ingérence dans la vie privée des gens? Des experts donnent leurs avis à Sputnik.

    Suite à l'attentat de Londres survenu le 22 mars, Amber Rudd, ministre britannique de l'Intérieur, a déclaré que WhatsApp et d'autres applications de messagerie instantanée devraient fournir l'accès à leur contenu aux services de renseignement par mesure de sécurité.

    Pour deux experts britanniques, interrogés par Sputnik, cette démarche est utopique car, d'une part, ce serait difficilement réalisable sur le plan technique et d'autre part, cela pourrait violer la vie privée des gens. Ainsi, pour Heather Anson, consultant à Digital Law UK, ce serait une initiative à courte vue car « le cryptage end-to-end ne concerne pas uniquement les terroristes mais aussi la sécurité des institutions financières, et des avocats souhaitant communiquer avec leur clients en toute sûreté ».

    « Le souci consiste en ce qu'il serait impossible de rendre les messageries moins sécurisées uniquement pour les terroristes. Les changements concerneront tous les utilisateurs ce qui conduira à une fréquence plus importante du vol des données personnelles. Donc, cela facilitera la vie aux hackers mais compliquera la lutte contre le terrorisme pour le gouvernement car ils [les terroristes] vont se terrer ou bien refuseront ces technologies au profit des rencontres », explique M. Anson.

    D'ailleurs, selon lui, afin de capter la conversation d'une messagerie comme WhatsApp, il faudrait créer la copie du téléphone dont les services spéciaux auraient besoin.

    « Du point de vue technologique, c'est possible d'en obtenir le droit, mais il faut avoir des preuves que la personne en question est réellement impliquée dans une affaire illégale », affirme l'expert.

    Pour Dennis Wecker, spécialiste du Centre international de recherches sur la radicalisation et la violence (International Center for the Study of Violent Extremism), le principal problème est ailleurs.

    « En raison des événements tragiques qui ont lieu partout dans le monde, je comprends l'envie de certaines personnes, notamment des hommes politiques, d'élargir l'accès aux différentes chaînes de communication. Mais il ne faut pas oublier la vie privée des gens et la nécessité de la défendre », explique à Sputnik M. Wecker.

    Selon l'expert, les technologies auront toujours une longueur d'avance et surveiller toutes les communications relèverait de la mission impossible. M. Wecker abonde d'ailleurs dans le sens de M. Anson, estimant que la création de nouvelles portes dans le soft serait bénéfique pour les délinquants.

    « Nous avons énormément d'informations et donc il faut beaucoup de filtres pour identifier des objectifs possibles. Parfois, ce sont des personnes innocentes qui sont ciblées par erreur. Il faudrait l'éviter aussi en parlant de la défense des données personnelles », conclut M. Wecker.

    La déclaration d'Amber Rudd intervient après la diffusion d'informations selon lesquelles l'assaillant qui a attaqué le 22 mars les passants devant le parlement britannique aurait utilisé WhatsApp une minute avant de perpétrer son acte terroriste.

    Le 22 mars en milieu d'après-midi, un homme a foncé en voiture sur des piétons devant le parlement britannique, à Londres. L'attaque meurtrière a fait cinq morts dont l'assaillant et une quarantaine de blessés. L'organisation terroriste Daech a revendiqué cet attentat.

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    Amber Rudd, Royaume-Uni, Londres
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