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Le Conseil de la province irakienne de Kirkouk a décidé d'organiser un référendum sur l'adhésion au gouvernement régional du Kurdistan irakien. Bora Baïraktar, expert sur la politique de la région, a commenté la situation dans une interview à Sputnik, soulignant qu'il y avait une possibilité de nouvelle guerre civile en Irak.

La chaîne de télévision Al Sumaria a annoncé le mardi 6 avril que le Conseil de la province irakienne de Kirkouk avait décidé d'organiser un référendum, dont la question était l'adhésion éventuelle au gouvernement régional du Kurdistan irakien. La décision a été prise par la majorité des électeurs. Les Arabes et les Turkmènes ont boycotté le vote.

Ankara s'est opposé à ce référendum. Ainsi, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré « que cette aventure n'apportera aucun avantage ni à la direction régionale, ni à l'Irak en général ».

Un expert sur le Proche-Orient, le chroniqueur politique Bora Baïraktar, dans une interview à Sputnik, a commenté la situation autour de Kirkouk et ce référendum d'indépendance, soulignant que les développements dans la région pourraient mener à une nouvelle guerre civile en Irak.

« Actuellement, Kirkouk reste un problème, dont l'origine est enracinée dans l'invasion américaine en 2003. Kirkouk n'a pas de statut précis. Une partie considérable de sa population est représentée par les Turkmènes, mais il y a encore beaucoup plus de Kurdes et d'Arabes », a fait savoir M. Baïraktar.

Dans le même temps, l'expert a souligné le plus important, l'aspect économique du conflit entre le gouvernement central et le gouvernement régional kurde.

« Ce qui est le plus important, c'est que Kirkouk est une ville qui fournit 40 % des revenus pétroliers de l'Irak. Par conséquent, cette ville est une pomme de discorde entre le gouvernement central du pays et le gouvernement régional kurde », a-t-il expliqué.

Dans cette situation, l'interlocuteur de Sputnik a distingué deux problèmes importants.

Le premier est qu'il s'agit en effet d'un mouvement de déstabilisation dirigé par l'ancien Président irakien Jalal Talabani contre le gouvernement central irakien et contre le président de l'administration régionale du Kurdistan irakien Massoud Barzani.

Deuxièmement, selon lui, le conflit interne pourrait aller au-delà des frontières irakiennes, affectant la Syrie, la Turquie, l'Iran et d'autre pays de la région.
Bora Baïraktar estime que cette situation est extrêmement dangereuse, et qu'elle pourrait conduire à un scénario où la guerre contre les terroristes de Daech en Irak dégénérera en nouvelle guerre civile kurdo-arabe à grande échelle, impliquant la Turquie et d'autres pays voisins.

« En fait, maintenant, il s'agit de l'occupation du territoire : Daech contrôle un grand morceau de territoire depuis environ trois ans. Ensuite, l'Irak peut exploser, ce qui déclencherait le début de la guerre arabo-kurde », a estimé l'expert politique, ajoutant que les conséquences seraient graves pour toute une région.

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Tags:
Kurdes, guerre civile, pétrole, Etat islamique, Kirkouk, Kurdistan irakien, Irak
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