Ecoutez Radio Sputnik
    Conséquences des frappes aériennes US contre la base militaire Shayrat en Syrie

    Frappes sur la Syrie: la réaction précipitée de Donald Trump est regrettable

    © Sputnik . Mikhail Voskresenskiy
    International
    URL courte
    Frappes US contre la base de Shayrat en Syrie (86)
    51463

    L'agence Sputnik s'est adressée à des experts français afin de recueillir leurs commentaires sur les tirs de missiles américains Tomahawk sur une base aérienne syrienne.

    « Trump a agi rapidement »

    Le Président américain Donald Trump a agi à la hâte et cette réaction précipitée élargit le fossé entre Moscou et Washington et agit à l'encontre de la réaction collective juridique et fondée des Nations unies, considère dans son commentaire à Sputnik Pascal Boniface, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

    « On se demande si Trump n'est pas tombé dans le piège de réagir trop rapidement, et au moment où peut-être Moscou aurait pris ses distances avec Bachar el-Assad (si l'usage des armes chimiques était avéré, Moscou n'aurait pas pu ne pas prendre ses distances avec cela) Trump crée un fossé entre la Russie et les États-Unis », considère-t-il, ajoutant que cette attaque intervient justement au moment où la Russie souhaitait réduire ce « fossé ».

    Pour Pascal Boniface, la réaction précipitée de Donald Trump est certainement due à des événements de politique intérieure et il cherche à montrer qu'il réagit, contrairement à ce que Barack Obama n'a pas fait en 2013. En outre, ce serait, selon lui, une politique de l'émotion parce que ces tirs de missiles peuvent satisfaire l'opinion publique, mais ne feront pas avancer le règlement de la question syrienne.

    Ce qui compte pour le directeur de l'IRIS, c'est l'intervention des Nations unies. Le fait que Trump ait agi rapidement « vient d'empêcher un petit peu une action collective de l'Onu, ce qui est dommage. Le régime de Bachar est coupable: il n'y a pas de preuves, mais il y a un faisceau d'indices. Mais la réaction rapide et émotionnelle de Donald Trump vient agir à l'encontre de la réaction collective juridique et fondée des Nations unies ».

    « Un suivisme par rapport aux États-Unis »

    « Au niveau des déclarations françaises du gouvernement actuel je vois un suivisme un peu hâtif par rapport aux États-Unis », déclare à Sputnik Michel Voisin, député de l'Ain à l'Assemblée nationale.

    L'élu rappelle qu'il est prématuré d'adopter des positions marquées tant que l'enquête internationale n'a pas prouvé l'attaque chimique: « Même si on dit qu'on a des preuves sur les armes chimiques qui ont été utilisées. Puisqu'on a parlé du gaz sarin, c'est quelque chose qui n'est pas facile à mettre en œuvre. […] Je crois qu'une enquête internationale est nécessaire avant de prendre une position marquée ».

    S'exprimant sur l'attitude d'Emmanuel Macron, candidat d'En Marche! à la présidentielle, l'élu souligne que ce dernier incarnait la politique de François Hollande, à l'inverse de François Fillon « qui demande un peu plus d'enquête et un peu plus de retenue ».

    Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join ».

    Dossier:
    Frappes US contre la base de Shayrat en Syrie (86)

    Lire aussi:

    «Washington a ordonné les frappes en Syrie en réaction aux victoires de l'armée»
    Le ministère russe de la Défense suspend sa hotline avec le Pentagone au sujet de la Syrie
    La Russie accuse l'Occident de deux poids deux mesures face à la situation en Syrie
    Frappes en Syrie : « la poursuite de la morale par d’autres moyens »
    Tags:
    frappe aérienne, IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), ONU, Emmanuel Macron, Syrie, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik