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Selon Marine Le Pen, Paris ne peut être tenu responsable de la déportation des Juifs en France sous l’occupation nazie. Les autorités israéliennes se révoltent contre cette position de la candidate du Front national à l’élection présidentielle française.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a accusé lundi Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle française, de déformer la vérité historique en affirmant que la France n'était pas responsable de la rafle du Vélodrome d'Hiver (Vél' d'Hiv), durant laquelle un grand nombre de Juifs ont été arrêtés pour être déportés pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'État hébreu « condamne les déclarations de Marine Le Pen selon lesquelles la France n'était pas responsable de la déportation des Juifs sur son territoire pendant l'Holocauste. Ces propos vont contre la vérité historique, comme elle a été présentée par les Présidents français qui ont reconnu la responsabilité du pays », a indiqué un porte-parole du ministère.

Marine Le Pen avait déclaré que la France n'était pas responsable de la rafle du Vél' d'Hiv lors de l'émission Le Grand Jury, diffusée par la chaîne de télévision RTL dimanche dernier.

« Je pense que, de manière générale, plus généralement d'ailleurs, s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas LA France », a noté la candidate du FN.

Le ministère israélien a rappelé que plusieurs Présidents français dont Jacques Chirac et François Hollande avaient reconnu la responsabilité de la France dans les déportations de Juifs. En 1993, le Président François Mitterand a instauré en France une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite "gouvernement de l'État français" (1940-1944) ».

« Cette reconnaissance est l'une des fondations du devoir de mémoire pour la déportation des Juifs de France […], élément important dans la lutte contre l'antisémitisme, qui, malheureusement, fait son retour aujourd'hui », a ajouté le porte-parole du ministère israélien.

Les 16 et 17 juillet 1942, près de 13 000 Juifs dont 4 115 enfants ont été arrêtés à leur domicile à Paris et dans sa banlieue par 9 000 fonctionnaires français, dont environ 5 000 policiers sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy. Le 22 juillet, ces personnes ont été conduites au stade du Vélodrome d'Hiver de Paris, avant d'être envoyés vers les camps de Drancy (Seine Saint-Denis), Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret) puis déportés vers les camps d'extermination nazis.

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Tags:
condamnation, Holocauste, Seconde Guerre mondiale, ministère israélien des Affaires étrangères, Front national (FN), Marine Le Pen, Israël, France
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