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    Dépolitiser l’Unesco? Un candidat au poste de directeur général en parle

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    En octobre prochain, l’Unesco élit son nouveau directeur général. Polad Bülbüloglu, ambassadeur d’Azerbaïdjan en Russie, musicien et chanteur reconnu, est candidat à ce poste. De passage à Paris pour présenter sa candidature, il a accordé une interview à Sputnik France pour revenir sur son programme.

    Dans une interview exclusive accordée à Sputnik, Polad Bülbüloglu, ambassadeur d'Azerbaïdjan en Russie, candidat au poste de directeur général de l'Unesco, estime que l'organisation « doit s'éloigner des questions politiques » :

    « Il y a l'Onu, le Conseil de sécurité, c'est à ces institutions-là de régler les questions politiques, les questions de conflits, les différends territoriaux. L'Unesco est avant tout une organisation à vocation humanitaire », explique-t-il.

    Pour ce faire, Polad Bülbüloglu estime qu'il pourra compter sur son expérience dans les organisations humanitaires et culturelles internationales. Ayant présidé pendant 14 ans l'Organisation internationale pour la culture turque (Türksoy), qui regroupe les pays appartenant à la famille des langues turques, aujourd'hui il dirige le conseil d'administration du MFGS (Fonds intergouvernemental de coopération humanitaire des pays de la CEI).

    D'après lui, au sein du Türksoy par exemple, ils essayent toujours d'éviter les thèmes politiques, « malgré les contentieux qui peuvent exister ». Ensuite, il évoque les problèmes au sein de la CEI, « notamment entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie », mais ils évitent l'aspect politique et les sujets de division entre pays et parviennent à réunir sur des événements des pays qui sont en conflit.

    Par ailleurs, le diplomate juge nécessaire de remettre de l'ordre dans les finances de l'Unesco, en citant en guise d'exemple le fait qu'il y a beaucoup de grands programmes lancés par le passé pour lesquels on ne consacre plus assez d'argent. Et de l'expliquer :

    « De nombreux pays réduisent leur participation financière, certains n'ont tout simplement plus les moyens, pour des raisons évidentes. Il y a donc actuellement un fossé entre les programmes en place et les finances de l'Unesco. »

    D'après M. Bülbüloglu, il y a un travail énorme à réaliser afin d'« établir des priorités entre les différents programmes, pour déterminer lesquels sont les plus indispensables, les plus urgents ».

    Là aussi, Polad Bülbüloglu considère qu'il a l'expérience nécessaire. Après une carrière musicale couronnée de succès, il a occupé les fonctions de ministre azerbaïdjanais de la Culture au moment même où l'Union soviétique allait s'effondrer, laissant son ministère presque sans aucun financement.

    En évoquant l'époque de la dislocation de l'URSS, où ils se sont retrouvés tout à coup sans aucun budget ou presque, M. Bülbüloglu explique qu'ils devaient tout simplement se battre pour survivre :

    « Ça m'a apporté une grande expérience de ce qu'on appellerait aujourd'hui la gestion de crise. Et je suis fier de pouvoir dire que dans cette période de crise, nous avons réussi à ne pas fermer le moindre musée, la moindre bibliothèque, le moindre théâtre. Nous avons survécu », conclut-il.

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    Communauté des Etats indépendants (CEI), UNESCO, ONU, Polad Bülbüloglu, Azerbaïdjan, Arménie
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