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Rien ne va plus entre Ankara et Bruxelles, et la décision de l’APCE de placer la Turquie sous surveillance politique en témoigne avec éclat, ont estimé les représentants des principaux partis d’opposition turque, interviewés par Sputnik.

La résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur « le fonctionnement des établissements démocratiques en Turquie », qui prévoit le retour du pays au processus de surveillance qu'il a quitté en 2004, est une décision « politique et antiturque », a déclaré à Sputnik le chef adjoint du groupe parlementaire du Parti d"action nationaliste turc (MHP), Erkan Akçay. 

« C'est une décision hautement erronée et partiale. Je la condamne fermement en la considérant comme une manifestation d'hostilité envers la Turquie. L'APCE adopte une telle décision alors que la Turquie mène une lutte active contre le terrorisme et accueille sur son sol des millions de réfugiés syriens », a relevé l'interlocuteur de l'agence.

L'APCE critique notamment les décisions et les mesures adoptées en Turquie dans le cadre de l'application de l'état d'urgence décrété après la tentative de coup d'État du 15 juillet fomentée par l'organisation terroriste « guléniste » et prétexte un dysfonctionnement des institutions démocratiques du pays.

M. Akçay a rappelé à cette occasion que l'état d'urgence était aussi en vigueur en France et en Belgique.

Quoi qu'il en soit, un autre interlocuteur de Sputnik, le membre de la commission parlementaire pour la politique extérieure Oğuz Kaan Salıcı, du Parti républicain du peuple (CHP), a estimé, quant à lui, que la résolution de l'APCE illustrait la profondeur de la crise entre la Turquie et l'Union européenne.

« Les actions du gouvernement turc de la dernière période, qu'il s'agisse des violations des droits et des libertés des citoyens ou de la prolongation de l'état d'urgence ont d'ores et déjà débouché sur la formation d'une attitude plutôt négative envers la Turquie en Europe », a-t-il dit.

Et de conclure que la politique menée par le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) ne faisait qu'attiser les tensions non seulement entre la Turquie et l'UE, mais aussi entre la Turquie et le reste de l'Occident.

La Turquie a donc été réintégrée au processus de surveillance politique, qu'elle avait rejoint en 1996 et quitté en 2004.

Ankara insiste sur une approche discriminatoire à l'égard de la Turquie, déclarant que, grâce à cette résolution, l'APCE perd de sa valeur aux yeux du peuple turc.

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Tags:
gouvernement, résolution, critiques, opposition, Parti d'action nationaliste (MHP), Parti républicain du peuple turc (CHP), Parti de la justice et du développement (AKP) turc, Sputnik, Union européenne (UE), Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Oğuz Kaan Salıcı, Erkan Akçay, Occident, Bruxelles, Ankara, Turquie, Europe
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