Ecoutez Radio Sputnik
    Manifestation de protestation à Skopje, en Macédoine

    Un scénario à l’ukrainienne attend-il la Macédoine?

    © REUTERS / Ognen Teofilovski
    International
    URL courte
    6127
    S'abonner

    Des experts signalent depuis longtemps une certaine ressemblance entre l’Ukraine et la Macédoine, ces deux pays étant confrontés à une crise d’identité et risquant tous deux de perdre leur indépendance et leur intégrité. L’historien serbe Aleksandar Rakovic expose à Sputnik sa vision de la situation.

    Il y a tout de même des différences fondamentales entre la Macédoine et l'Ukraine, la première donnant une impression plus cohérente, a déclaré à Sputnik l'historien serbe Aleksandar Rakovic, ajoutant qu'à la différence de l'Ukraine, en Macédoine il ne s'agissait que des identités macédonienne et albanaise.

    « L'Ukraine occidentale est peuplées d'uniates qui sont plus proches des Polonais que des Russes. Au centre de l'Ukraine, la population se ressent proche des Russes, mais ne veut pas renoncer à son identité ukrainienne, alors que dans le Donbass, dans les régions de Kharkov et d'Odessa, la plupart s'assimilent au "monde russe". Et en Crimée, qui fait déjà partie de la Russie, la majorité de la population se considère russe », a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

    Selon ce dernier, les Macédoniens se sentent plus proches des Serbes, la vie au sein de la Yougoslavie n'y ayant été pour rien. En même temps, les Albanais de Macédoine estiment appartenir à la soi-disant « Grande Albanie », projet auquel ils travaillent en commun avec les Kosovars et les Albanais d'Albanie.

    « Les Macédoniens défendent l'intégrité de leur État sans pour autant remettre en cause l'identité des Albanais macédoniens. Et cette attitude est fondamentalement différente de celle adoptée à l'égard de l'identité russe par ceux qui prônent en Ukraine un État ukrainien sous sa forme actuelle », a souligné l'expert.

    M. Rakovic estime que l'Ukraine ne pourra sans doute pas se maintenir son unité étatique. Qui plus est, elle est d'ores et déjà divisée. En effet, la Crimée est devenue partie intégrante de la Russie, bien que l'Occident ne le reconnaisse toujours pas, alors que le Donbass est sous contrôle de la partie russe du peuple ukrainien.

    « Reste à savoir quel sera le sort de l'ouest et du centre de l'Ukraine, car ce n'est guère la même chose, loin de là. Nous avons affaire à une société radicalement divisée », a constaté l'historien.

    L'historien estime que la Macédoine a encore une chance de sauvegarder son intégrité, bien que cela implique une certaine forme de « faible intégration avec la Serbie ».

    « Cela ne signifie pas qu'elle doit devenir partie d'une nouvelle Yougoslavie. […] J'entends avant tout une certaine forme d'intégration qui puisse associer la Serbie, le Monténégro, la République serbe de Bosnie et la Macédoine et qui pourraient à leur tour se porter garants de la sécurité », a relevé l'interlocuteur de Sputnik.

    Et de conclure qu'à la différence de la Macédoine, l'Ukraine n'avait pas d'entité à laquelle s'intégrer, le projet d'association avec l'Union européenne étant voué à l'échec.

    Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join »

    Lire aussi:

    En proie au chaos, la Macédoine éclate en deux
    Partage de la Macédoine, une idée de Lavrov? Provocation, selon Moscou
    Macédoine: les fondations de Soros responsables pour la crise, selon l’ex-PM
    Tags:
    crise, scénario, intégration, population, Union européenne (UE), Sputnik, Aleksandar Rakovic, Yougoslavie, Occident, Russie, Crimée, Kharkov, Odessa, Donbass, Albanie, République serbe de Bosnie, Monténégro, Serbie, Ukraine, Macédoine du Nord
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik