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    «Un redémarrage USA-Russie n'est pas souhaitable»

    © REUTERS/ Maxim Shemetov
    International
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    Izvestia
    Traduction de la presse russe (mai 2017) (49)
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    Thomas Graham, conseiller de l'ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger, évoque les plans du président des USA Donald Trump, les relations russo-américaines, le nouveau redémarrage des relations bilatérales et la réforme de l'Otan.

    Selon le quotidien Izvestia.

     

    - Vous avez écrit que les USA et la Russie n'étaient pas des pays ordinaires et « normaux ». Vous vouliez dire que l'histoire de la Guerre froide et de la confrontation idéologique n'était toujours pas oubliée. Comment peut-on surmonter cet héritage pour que les pages négatives de l'histoire ne fassent pas obstacle au développement actuel des relations entre les deux pays?

    — C'est impossible: d'une manière ou d'une autre l'histoire influence toujours les relations entre les pays. Il est impossible d'oublier l'histoire. Nous devons tous connaître ces pages de l'histoire et comprendre pourquoi elle a évolué ainsi. La Guerre froide est un sujet à part. Une confrontation idéologique, une concurrence géopolitique mondiale, une lutte économique. Le monde était bipolaire. Aujourd'hui il évolue dans une dimension complètement différente: premièrement, il est multipolaire, et deuxièmement il n'y a pas de lutte idéologique entre nos pays. Je pense que la qualité de nos relations doit également changer. Mais nous n'y arrivons pas encore. La mémoire historique, les « habitudes » de la Guerre froide et le fait de réfléchir selon l'ancien schéma freinent le développement normal des relations entre les USA et la Russie.

    - Les relations russo-américaines sont actuellement à la dérive et traversent différents stades — du partenariat stratégique à la confrontation et au conflit. Ne serait-il pas préférable de trouver un « juste milieu »?

    — C'est une diplomatie complexe. La balançoire des relations russo-américaine continue son mouvement depuis le premier jour de la fin de la Guerre froide. Il y a eu trois cycles de grandes attentes et de profonde déception, un cycle sous chaque président américain, jusqu'à Donald Trump.

    - Quelle est la probabilité d'un nouveau grand accord entre la Russie et les États-Unis? Un nouveau redémarrage ou quelque chose du genre?

    — Il n'y aura pas de nouveau redémarrage. De plus, à l'heure actuelle, il n'est pas souhaitable. Je pars du fait que le meilleur moyen de normaliser les relations consiste à reconnaître les divergences de plans et d'appréciations des événements. Les USA et la Russie emploient les mêmes termes — souveraineté, légitimité, intégrité territoriale, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes — mais ils les interprètent différemment.

    - Les ministres des Affaires étrangères américain Rex Tillerson et russe Sergueï Lavrov ont annoncé à Moscou la création d'un groupe de travail russo-américain pour élaborer un plan de développement de la coopération. A-t-on besoin d'un tel groupe aujourd'hui?

    — En réalité, nous avons besoin d'un groupe de personnes qui évoquent régulièrement les principaux problèmes de nos relations. La présence d'une bonne « chimie » entre nos dirigeants est positive, si personnellement les ministres s'entendent bien entre eux. Mais les présidents et les ministres ne s'occupent pas de nos problèmes quotidiennement, c'est pourquoi tout le spectre de questions doit être soulevé à un niveau inférieur. Avant la nomination de ces personnes, notamment de notre côté, je ne prévois aucun grand succès dans l'amélioration des relations entre nos pays.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (mai 2017) (49)
    Tags:
    relations, Thomas Graham, États-Unis, Russie
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