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    Des combattants des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes

    Les relations Turquie-USA dépendent de l’honnêteté des Kurdes à Raqqa

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    Le «facteur kurde» envenime les rapports entre les USA et la Turquie, alliés dans la lutte contre Daech en Syrie. Washington a récemment décidé de fournir des armes lourdes aux unités kurdes pour accélérer la libération de Raqqa, jetant les bases d’une éventuelle crise turco-américaine, selon Soner Cagaptay, expert turc interrogé par Sputnik.

    Déjà tendus, les rapports entre Washington et Ankara risquent d'être ruinés, si les Unités de protection du peuple kurdes (YPG) armées par Washington ne tiennent pas leur promesse de quitter Raqqa après sa libération des terroristes de Daech, a déclaré lundi à Sputnik Soner Cagaptay, historien et chef du bureau turc du think tank américain Washington Institute for Near East Policy (WINEP).

    « Si les Unités de protection du peuple kurdes restent à Raqqa après sa libération ou remettent la ville aux Arabes fidèles aux autorités syriennes, la Turquie ne l'acceptera pas et cela entraînera une crise dans les relations turco-américaines », a indiqué l'expert.

    Selon lui, le Président américain Donald Trump entend libérer Raqqa au plus vite, cela implique des forces d'au moins 10 000 hommes. Après de longues discussions, la Turquie se dit prête à y déployer seulement plusieurs milliers de soldats, alors que les YPG disposent d'effectifs beaucoup plus importants.

    « Si on y ajoute les Forces démocratiques syriennes, on peut parler d'unités fortes d'environ 50 000 hommes », a précisé M. Cagaptay.

    Ces calculs ont conduit les Américains à la décision de s'allier aux milices kurdes à Raqqa à condition que ces dernières leur rendent les armes lourdes après sa libération.

    « Les Kurdes peuvent tenir leur promesse concernant les armes, mais je doute qu'ils se retirent de Raqqa. Ils ont antérieurement promis aux Américains de quitter la ville de Manbij après sa libération, mais n'ont pas tenu leur promesse, provoquant une crise », a-t-il rappelé.

    Le fait que les États-Unis mènent une politique contradictoire à l'égard des YPG ne fait que compliquer la situation. Selon l'expert, en Syrie et en Irak, les États-Unis utilisent deux approches différentes concernant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, organisation considérée comme terroriste en Turquie) et des Unités de protection du peuples kurdes que la Turquie considère comme une branche du PKK.

    « Les États-Unis agissent de concert avec les forces kurdes contre Daech en Syrie tout en annonçant leur intention d'aider la Turquie […] à mener une opération près du mont Sinjar où se trouvent des bases du PKK », a noté M. Cagaptay.

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    Tags:
    relations, libération, Kurdes, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Washington Institute for Near East Policy (WINEP), Unités de protection populaire kurdes (YPG), Soner Cagaptay, États-Unis, Turquie, Syrie, Raqqa
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