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    Coupes dans l’aide militaire US à l’étranger: «c’est au Congrès et à lui seul de décider»

    © AFP 2017 Jewel Samad
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    Des coupes budgétaires proposées pour le financement de l’assistance américaine aux armées étrangères inquiètent les législateurs, craignant que cela puisse affecter les intérêts sécuritaires des États-Unis. Michael O'Hanlon, expert au groupe de réflexion Brookings Institution à Washington, a commenté la situation pour Sputnik.

    Le Président des États-Unis peut demander au Congrès tout ce qu'il veut, mais le Congrès n'est aucunement obligé de remplir sa demande ni d'accéder à son initiative, a déclaré à Sputnik l'analyste américain Michael O'Hanlon.

    « En vertu de la Constitution, le droit de décision sur le budget revient au pouvoir législatif. Après la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate, le Congrès américain a demandé au Président de présenter un projet de budget qui puisse servir de point de départ pour l'établissement du budget fédéral », a rappelé l'interlocuteur de l'agence.

    Et de souligner que le droit d'éditer des propositions de loi sur l'octroi de crédits ne revenait qu'au Congrès et à lui seul.

    « Le Président ne peut que signer ou frapper de veto de tels documents », a précisé l'expert.

    Selon ce dernier, il ne s'agit par conséquent pour le moment que d'un brouillon, voire d'une ébauche de recommandations sur des coupes dans le budget d'assistance, notamment militaire, aux pays étrangers.

    « On sait que dans bien des pays et pas seulement aux États-Unis, beaucoup estiment que les programmes d'assistance militaire à d'autres États ne sont qu'un gaspillage inutile, et que les régimes bénéficiaires de cette assistance ne partagent pas tellement nos intérêts. Bref, que ce ne sont pas des investissements rentables », a poursuivi M. O'Hanlon.

    Il a reconnu que c'était en partie vrai et que certains pays n'utilisaient pas effectivement cet argent à bon escient.

    « Ce processus est très contradictoire en soi, les fonctionnaires souhaitent soutenir généreusement les alliés, tout en faisant des économies. […] Le problème porte sur l'importance des réductions à réaliser et le nombre de pays à priver de subventions », a expliqué l'analyste.

    Il a notamment cité l'exemple de la Colombie qui figurait sur la liste.

    « Les autorités de ce pays ont récemment signé un accord de paix avec les rebelles du groupe FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie, ndlr]. Il est prévu à présent que Washington accordera à Bogota un soutien limité à la mise en œuvre de cet accord de paix. C'est un bon investissement pour la garantie de la sécurité dans notre propre pays. Si ce programme d'assistance est suspendu, la question se posera de savoir s'il y a une logique dans les actions de la Maison-Blanche. J'espère bien que le Congrès rejettera ces réductions », a résumé l'Américain.

    Selon la presse américaine, les législateurs, surtout démocrates, expriment leur inquiétude face aux coupes budgétaires proposées dans l'aide aux pays étrangers, signalant que cela pourrait exercer plus de pressions sur l'armée américaine et saper l'influence des États-Unis dans le monde. Selon eux, les « intérêts américains sont profondément liés à un ordre du monde stable, et l'engagement américain auprès de la communauté internationale est vital en cela ».

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    Tags:
    proposition, loi, président, réduction, budget, financement, aide, Brookings Institution, Congrès des États-Unis, Sputnik, Michael O'Hanlon, Washington, États-Unis
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