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    Comment Donald Trump a «gâché la fête» des Européens au sommet de l’Otan

    Comment Donald Trump a «gâché la fête» des Européens au sommet de l’Otan

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    Dans son discours au sommet de l’Otan, le Président américain Donald Trump a critiqué les manquements des États-membres à leurs obligations financières, un geste «injuste» à l’égard de son pays, faisant ainsi voir rouge les participants à cette réunion prévue plutôt comme formelle et agréable.

    Lors du dernier sommet de l'Otan survenu jeudi 25 mai à Bruxelles, Donald Trump a agi conformément à ses mots d'ordre préélectoraux, en mettant les intérêts américains en premier lieu, ce qui n'a pas été du goût de ses alliés européens, écrit sur le site de Forbes le chroniqueur de l'édition Doug Bandow.

    La réunion à Bruxelles aurait dû être en fait une procédure formelle de rencontre des chefs de l'Otan avec le nouveau « leader du monde libre ». Les membres européens de l'Alliance espéraient adoucir le dirigeant américain par des termes généraux sur la défense mutuelle et la lutte contre le terrorisme, mais le locataire de la Maison-Blanche n'a pas agi selon le scénario prévu, souligne M. Bandow.

    Donald Trump a ouvertement critiqué les membres de l'Otan pour le non-respect de leurs obligations financières, en soulignant que ce comportement était « injuste » à l'égard des États-Unis. En conséquence, cet événement qui aurait dû être agréable et non contraignant pour les Européens leur a laissé un goût amer empreint d'anxiété, souligne l'article.

    De plus, le dirigeant américain a également omis de mettre l'accent sur l'engagement de son administration à l'article 5, et la promesse de défendre les 27 autres membres de l'Organisation. Selon Nicholas Burns, ancien ambassadeur à l'Otan, Donald Trump est le premier Président depuis 1949 à ne pas avoir mentionné l'article 5 du traité.

    Selon le chroniqueur, depuis la fin de la guerre froide, l'Alliance peine à justifier son existence. Qui plus est, la participation de l'Europe dans la puissance militaire de l'Otan est en baisse constante. En même temps, l'Otan accepte volontiers dans ses rangs les pays d'Europe orientale, qui ne sont pas susceptibles de la renforcer militairement. La dernière de ces acquisitions douteuses est le Monténégro, rappelle-t-il. Selon Doug Bandow, la raison de cette négligence eu égard à la défense s'explique par le fait que les Européens ne se sentent pas réellement menacés.

    Dans de telles circonstances, il n'est pas surprenant que la part des dépenses des pays européens de l'Otan pour la défense en 2016 n'ait représenté que 1,47 % du PIB, alors que dans des pays comme la Belgique, la République tchèque et l'Espagne, elle n'a même pas dépassé 1 %. De plus, même en prenant en compte les promesses de pays-membres d'augmenter leurs dépenses jusqu'à 2 % vers 2024 ne signifie rien, car en 2024 la situation internationale ne sera plus la même, et la Maison-Blanche sera occupée par un nouveau Président. Les membres de l'Alliance ne répondront donc de rien si leurs promesses ne sont pas tenues, indique M. Bandow.

    Ainsi, le Président américain a raison de demander avec insistance que les membres européens de l'Otan respectent leurs obligations. Les Européens devraient porter la même charge des dépenses en matière de défense que les contribuables américains ou organiser leur défense comme ils l'entendent, conclut Doug Bandow.

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    Tags:
    financement, obligations, fête, sommet, OTAN, Donald Trump, Bruxelles, Europe, Belgique, États-Unis
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