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    Theresa May

    Plan antiterroriste de Theresa May Vs ventes d’armes du Royaume-Uni

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    Trois attentats ont frappé le Royaume-Uni en trois mois. Le Premier ministre Theresa May a déploré la tolérance pour l’extrémisme dont faisait preuve son pays. Et pourtant, Londres continue de livrer des armes à l’Arabie saoudite et au Qatar. Les experts interrogés par Sputnik doutent que la Grande-Bretagne change de politique.

    Les intérêts d'État risquent d'empêcher le Royaume-Uni de lutter efficacement contre le terrorisme sur son territoire malgré le changement dans le discours des autorités suite aux récentes attaques terroristes, ont déclaré à Sputnik les analystes politiques Riadh Sidaoui et Alexandre del Valle.

    Le Premier ministre britannique Theresa May a déclaré jeudi qu'il y avait « bien trop de tolérance pour l'extrémisme » au Royaume-Uni. Elle a notamment annoncé l'intention des autorités de « travailler avec les gouvernements démocratiques pour […] pour détruire Daech ».

    Selon Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps) basé à Genève, il faut d'abord voir si ce changement de discours se reflète dans la réalité.

    « Il existe des déclarations de hautes personnalités de France, d'Allemagne, des États-Unis qui accusent l'Arabie Saoudite et le Qatar de financer le terrorisme. À Londres, il n'y a pas eu d'échos à ce genre de déclarations. Il y a une certaine complicité anglaise vis-à-vis du wahhâbisme qatarien ou saoudien », a rappelé M. Sidaoui.

    Le Royaume-Uni continue de livrer des armes à l'Arabie saoudite. Depuis 2015, Londres a signé pour plus de trois milliards de livres sterling (3,5 mds EUR) de contrats de livraison d'armes à Riyad. Il s'agit d'avions de combat, de drones, de roquettes, de bombes, ainsi que de véhicules blindés et de chars. Selon un sondage réalisé début 2017 par l'ONG Campaign Against the Arms Trade (CAAT), 62 % des Britanniques estiment qu'il est inacceptable de vendre des armes à la monarchie du Golfe. 

    Pour Alexandre del Valle, géopolitologue et essayiste, il est peu probable que Londres passe des paroles aux actes, bien que la déclaration de Theresa May appelant à lutter contre le terrorisme « corresponde à la volonté du peuple anglais ».

    « Il n'est pas sûr que Theresa May aille jusqu'à ouvrir le dossier, parce qu'il y a une alliance profonde entre les Anglais et les Américains, d'une part, et l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe, d'autre part […]. C'est une alliance extrêmement stratégique, faite des compagnies pétrolières anglo-saxonnes, liée à l'Otan, à l'endiguement de la Russie et ses amis », a estimé M. del Valle.

    Dans ce contexte, seule l'opinion publique peut influer sur la politique britannique et l'emporter sur les « intérêts d'État », d'après les deux experts.

    Selon M. Sidaoui, « aujourd'hui, peut-être que les Anglais vont ouvrir sérieusement le dossier, surtout sous la pression de l'opinion publique. Les Britanniques ont droit de savoir qui finance le réseau islamiste ».

    « Si l'opinion publique demande vraiment des comptes, ce qui risque d'affaiblir les pouvoirs en place, peut être que Theresa May, une femme têtue et cohérente, ira jusqu'au bout », a conclu l'expert franco-italien.

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    Tags:
    wahhabisme, lutte antiterroriste, politique, Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (Caraps), Alexandre del Valle, Riadh Sidaoui, Theresa May, Royaume-Uni
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