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    Hillary Clinton

    Hillary Clinton soupçonnée de corruption

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    Chuck Grassley, président de la commission judiciaire du sénat américain, a ouvert une enquête contre l'ex-secrétaire d'Etat et candidate à la dernière présidentielle américaine Hillary Clinton. Cette dernière est soupçonnée de corruption, rapporte le site The Daily Caller.

    L'enquête porte sur un épisode qui a eu lieu entre 2009 et 2013 quand Clinton occupait le poste de secrétaire d'Etat. Grassley affirme: il existe des raisons de croire qu'elle essayait de mettre un terme à l'enquête au Bangladesh sur une affaire de l'entrepreneur Muhammad Yunus, ami de la famille et donateur de la fondation Clinton.

    En pleine campagne présidentielle le candidat républicain Donald Trump avait promis de mettre en prison sa rivale démocrate Hillary Clinton.

    "Parce que tu serais en prison", lui avait-il déclaré pendant le débat du 9 octobre à Saint-Louis, dans le Missouri.

    Et six mois après l'arrivée de Trump au pouvoir Clinton fait l'objet d'une enquête — d'une première sous l'administration actuelle, mais loin d'être la première de ces dernières années.

    La fondation à scandale

    D'après The Daily Caller se référant aux sources du Capitole, l'ex-secrétaire d'Etat Clinton avait tenté d'éviter à Yunus une enquête des autorités du Bangladesh le soupçonnant de corruption. Elle avait ordonné aux diplomates américains de haut rang de faire pression sur la première ministre du pays Sheikh Hasina et sur son fils Sajeeb afin de forcer le chef du gouvernement à cesser les poursuites contre Yunus. Par exemple, Clinton aurait menacé Sajeeb par un audit fiscal intégral sur son activité commerciale aux Etats-Unis.

    Chuck Grassley a déjà demandé au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson de fournir à sa commission tous les documents et correspondances relatifs à cet épisode avant le 15 juin.

    Il s'agit de la première enquête parlementaire ouverte contre Clinton après sa défaite à la présidentielle. Pendant ce temps, la commission de surveillance et de réforme de l'action gouvernementale de la chambre des représentants du congrès poursuit une autre enquête, qui a été ouverte sous l'administration précédente. Elle concerne l'usage par l'ex-secrétaire d'Etat d'un serveur personnel pour la correspondance de service.

    La fondation familiale des Clinton (Hillary et son mari, ex-président des USA Bill Clinton) fait également l'objet d'une enquête menée par le FBI depuis plus de deux ans. Cette investigation porte sur les lettres relatives à la campagne de Clinton volées dur les serveurs du parti démocrate et publiées par WikiLeaks. Les agents fédéraux tentent de découvrir si l'ex-secrétaire d'Etat recevait de l'argent de la part des donateurs en échange des "services politiques".

    Les jeux politiques

    En novembre 2016 le FBI a attribué à l'enquête sur la fondation une "très haute priorité". Les analystes y ont perçu un aspect de "jeux politiques" impliquant les institutions policières américaines et notamment le FBI.

    Le fait est que jusqu'à l'été 2015 le FBI enquêtait également sur l'usage d'un serveur privé par Hillary Clinton pour sa correspondance de service, ce qui aurait éventuellement entraîné une fuite de secrets d'Etat. Cependant, elle a été close en été — l'agence a conclu que ces actes ne constituaient pas une infraction, même si elle avait agi de manière "extrêmement imprudente".

    Les républicains se sont indignés et un scandale a éclaté, d'autant que par la suite le FBI a découvert presque 15 000 lettres électroniques passées inaperçues. La situation était d'autant plus piquante qu'une partie de ces nouvelles lettres a été retrouvées par les agents sur les appareils électroniques appartenant à Anthony Weiner, mari de l'ancienne assistante de l'ex-secrétaire d'Etat Huma Abedin, qui travaillait au moment des faits dans le QG de campagne de Clinton. Et l'ex-congressiste Weiner avait dû démissionner encore en 2011 accusé d'harcèlement sexuel sur mineure.

    Or même en dépit des nouvelles circonstances le FBI n'a pas rouvert l'enquête, et la bombe médiatique a explosé avec une telle force qu'elle a semé la confusion totale dans le camp des démocrates, à tel point que ces derniers sont allés jusqu'à accuser le directeur du FBI James Comey de liens avec Moscou. C'est probablement pour lui éviter de telles accusations que le FBI a annoncé une priorité plus élevée dans l'affaire de la fondation Clinton.

    De plus, le bureau fédéral a publié les dossiers de l'enquête de corruption datant de 15 ans visant l'ex-président Bill Clinton. Il était soupçonné à l'époque de violation de la loi en graciant l'entrepreneur Marc Rich, accusé de fraude fiscale et de transactions illégales avec l'Iran pendant la crise des otages américains en Iran en 1979-1981. Bill Clinton a signé la directive de gracier Marc Rich à quelques heures de l'écoulement de son mandat présidentiel.

    Le ministère de la Justice a rejoint le scandale en accusant Comey de délits et d'abus de ses fonctions. La presse a eu écho de rumeurs que le président à l'époque Barack Obama avait l'intention de renvoyer le directeur du FBI à cause de son implication dans la politique. Et bien qu'Obama ne l'ait pas fait, cela n'a pas sauvé James Comey — il a été limogé six mois plus tard par le nouveau président Donald Trump.

    Trump mettra-t-il ses menaces à exécution?

    La fondation caritative Clinton est exonérée d'impôts, car formellement elle n'apporte pas de revenus. Cependant, la presse américaine a publié plusieurs fois des documents montrant qu'une partie mineure des fonds de la fondation est dépensée à des fins caritatives. Mais de telles publications ne constituent qu'une part infime de tous les scandales autour de cette fondation depuis sa fondation en 2001.

    En règle générale, il est question d'importants versements dans cette fondation effectués, par une étrange coïncidence, après un service rendu par les fondateurs au sponsor. Par exemple, après la visite au Kazakhstan de Bill Clinton en 2005, l'homme d'affaires canadien Frank Giustra a obtenu le droit d'exploiter les gisements d'uranium dans ce pays, alors que la fondation a reçu de sa part un don de 30 millions de dollars. Autre exemple. Quand Hillary Clinton était sénatrice, elle a fait adopter un projet de loi avantageux pour l'entrepreneur Robert Congel, qui a versé 100 000 dollars à la fondation.

    Ce n'est pas les exemples qui manquent. Et souvent les figurants sont loin d'avoir une réputation irréprochable. Par exemple — l'ami de Bill Clinton, le Libanais Gilbert Chagoury, reconnu coupable en Suisse de blanchiment d'argent et accusé de financer des politiciens libanais affiliés au Hezbollah. Ou encore l'oligarque ukrainien Viktor Pintchouk qui a payé la fondation pour un accès personnel au couple Clinton et pour le soutien du département d'Etat.

    Parmi les pays donateurs de la fondation on retrouve l'Algérie, Oman, l'Arabie saoudite, le Maroc et les Emirats arabes unis. Selon certaines informations, y figurent également le Congo et la Corée du Nord. En novembre 2016 un scandale a éclaté concernant le versement d'un million de dollars par le Qatar, et la fondation a reconnu qu'un tel "cadeau" a effectivement eu lieu.

    D'ailleurs, sur fond de scandale diplomatique au Moyen-Orient, où plusieurs pays ont rompu leurs relations avec le Qatar, les médias ont rapporté que l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton était au courant à l'époque que les autorités de ce pays financent l'Etat islamique.

    De nombreux autres faits scandaleux font actuellement l'objet d'une enquête du FBI. Cependant, les analystes ne s'empressent pas d'affirmer que Trump mettra forcément sa menace à exécution et jettera Clinton derrière les barreaux. Non seulement parce qu'immédiatement après la prise de ses fonction il a changé de ton vis-à-vis d'elle et a fait plusieurs éloges à son sujet, mais aussi car une telle agitation pourrait provoquer un véritable tsunami politique aux Etats-Unis. Sans parler des enquêtes du FBI et du parlement qui dureront certainement encore très longtemps.

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    Tags:
    corruption, Hillary Clinton, États-Unis
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