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    L’envoi de militaires turcs au Qatar, une décision lourde de conséquences

    L’envoi de militaires turcs au Qatar, une décision lourde de conséquences

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    En prenant le parti de Doha dans le conflit entre le Qatar et les pays du Golfe, Ankara se met dans une situation grave, a indiqué à Sputnik l’ex-ambassadeur turc aux États-Unis, Faruk Logoglu. Selon le diplomate, le risque existe que ce conflit ne s’aggrave et qu’on n’assiste à une réédition du scénario irakien.

    Dans un commentaire à Sputnik, l'ex-ambassadeur turc à Washington s'est dit préoccupé par les dernières affirmations du Président Recep Tayyip Erdogan concernant l'envoi de militaires turcs au Qatar. Selon M. Logoglu, Ankara devrait agir plus soigneusement et subtilement dans cette affaire afin de ne pas créer un précédent dangereux pour l'avenir. De plus, il n'exclut pas la possibilité que Doha demande à la Turquie de protéger son territoire.

    « La rhétorique des déclarations du Président Erdogan et du Premier-ministre Yildirim exprime non seulement la volonté de la Turquie de soutenir le Qatar, mais aussi leur protestation contre les pays qui s'y opposent. Bien sûr, la Turquie ne peut pas rester indifférente à l'égard de la crise qui a éclaté autour du Qatar. Cependant, Ankara ne doit pas faire de mouvements brusques et de déclarations téméraires sur cette question », a déclaré le diplomate turc.

    Faruk Logoglu a également conseillé de rester neutre dans les conflits en cours dans la région. Selon lui, les autorités turques doivent fonder leur politique au Proche-Orient compte tenu des principes déclarés par Mustafa Kemal Atatürk, c'est à dire de construire des relations amicales avec le monde arabe et ne pas d'immiscer dans des conflits entre États arabes.

    « La situation à l'avenir dépend des mesures qui seront prises par les parties en conflit, à savoir l'Arabie saoudite, les États-Unis et l'Iran. Je ne pense pas que cette crise va se transformer en confrontation ouverte. Cependant, j'ai des préoccupations, à la suite des tensions actuelles, la situation pourrait être similaire à celle qui s'est produite en Irak », a-t-il conclu.

    Vendredi 9 juin, le Président turc Recep Tayyip Erdogan a signé la loi permettant le déploiement de troupes sur la base d'Al-Rayan au Qatar, adoptée auparavant par le parlement. Cela implique une augmentation du contingent de l'armée turque basé au Qatar de 94 à 600 personnes.

    Le document autorise Ankara à envoyer des troupes sur une base militaire installée à Doha dans le cadre d'un accord de défense signé entre les deux pays fin 2014. La décision intervient alors que l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Yémen, la Mauritanie et les Maldives ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'accusant de soutenir le terrorisme.

    Ankara entretient des rapports privilégiés avec Doha, notamment dans les domaines économique et militaire, tout en gardant de bonnes relations avec les autres monarchies du Golfe. Plus tôt dans la semaine, le Président turc avait critiqué les sanctions imposées à l'encontre du Qatar, indiquant que son pays entendait développer ses relations avec Doha.

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    base militaire, militaires, crise, conflit, Binali Yildirim, Recep Tayyip Erdogan, Pays du Golfe, Qatar, Turquie
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