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    L'île de Vardo

    L'œil vigilant US surveillera la Russie depuis une petite île norvégienne

    CC BY-SA 2.0 / Timo Noko / Vardø
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    Travaux de terrassement, nouveau câble électrique: la construction d'un système de radars américain bat son plein sur une île norvégienne. Depuis cette zone, les États-Unis souhaitent surveiller la péninsule de Kola, «parsemée de bases navales russes de haute sécurité et de zones militaires interdites», estime le New York Times.

    Les États-Unis semblent avoir trouvé le lieu idéal pour observer les sous-marins russes dans la petite commune norvégienne de Vardo. Comme le précise le New York Times, alors que la population de la commune a été divisée par deux ces 20 dernières années et que la pêche, activité principale des habitants, a perdu brusquement en popularité, une forte demande en électricité a été enregistrée.

    Le réseau énergétique a été renforcé et un nouveau câble a été installé sous les eaux, reliant l'île au continent. En outre, des travaux de terrassement ont débuté au sommet d'un plateau donnant sur le territoire russe.

    Selon le journal, c'est ici que se déroulent les travaux de construction d'un nouveau système de radars américain qui consommera énormément d'électricité et permettra de surveiller le déplacement de «la marine russe qui s'étend et surtout des sous-marins nucléaires russes armés de missiles balistiques dans la mer de Barents».

    «Cet endroit [l'île de Vardo, ndlr] est extrêmement important pour les États-Unis et pour les pays occidentaux pour qu'ils puissent garder un œil vigilant sur ce que les Russes font», a affirmé l'ancien maire de Vardo, Lasse Haughom.

    Le lieutenant-colonel Tormod Heier craint pour sa part que la Russie ne considère la commune comme une «cible importante».

    L'édition rappelle que le Président russe Vladimir Poutine a évoqué parmi ses priorités le développement militaire et économique de la région arctique, et les sous-marins russes de classe Boreï y joueront un rôle non négligeable, ajoute Katarzyna Zysk, professeur de l'Institut norvégien des études de la défense.

    Ces navires de nouvelle génération sont capables de porter au moins 12 missiles balistiques. La Russie a d'ailleurs à sa disposition six sous-marins de classe Delta armés de multiples missiles balistiques déployés sur les bases de la péninsule de Kola, située à quelque 64 kilomètres de Vardo.

    Le couteux projet américano-norvégien n'est pas passé inaperçu à Moscou. Ce dernier y voit une tentative du Pentagone d'encercler la Russie. L'ambassadeur russe à Oslo, Teimuraz Ramishvili, avait de son côté mis en garde que la Norvège ne devait pas être «naïve» quant à la détermination de la Russie à réagir au déploiement des éléments du système antimissile balistique de l'Otan sur son territoire.

    «Une réponse de notre part s'ensuivra et ce sera non seulement une réponse à la Norvège, mais aussi à l'Alliance toute entière», avait fustigé le diplomate dans un entretien au journal norvégien Dagbladet.

    Le montant des radars construits dans le cadre de cette coopération américano-norvégienne est estimé à des centaines de millions de dollars. Les États-Unis envisagent de mettre en place le nouveau système de radars d'ici 2020.

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    construction, sous-marin nucléaire, marine, radar, base militaire, mer de Barents, Norvège, États-Unis, Russie
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