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    Un changement d’attitude US envers le Qatar?

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    Rupture des relations diplomatiques avec le Qatar (62)
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    Deux bâtiments de guerre américains sont arrivés au port de Doha pour des exercices conjoints, et les ministres de la Défense des États-Unis et du Qatar ont signé un contrat pour 12 milliards de dollars d’avions de combat F-15. Sputnik a demandé à des spécialistes s’il s’agissait de la fin de la crise dans le Golfe.

    L'achat par le Qatar de 36 chasseurs américains F-15 pour 12 milliards de dollars a été convenu bien avant la visite du Président américain Donald Trump en Arabie saoudite, a rappelé à Sputnik Saleh at Tayar, directeur du Centre européen d'étude du Proche-Orient en France.

    «Ce marché ne changera rien dans l'actuelle crise dans le Golfe qui est considérée comme un problème régional», a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que les États-Unis n'avaient pas directement accusé le Qatar de soutenir ou de financer le terrorisme, et les pays du Golfe ne proféraient que des lieux communs, alors que personne n'affirmait que Doha soutenait des attentats commis dans différents pays à travers le monde.

    Un autre interlocuteur de Sputnik, Abdalla al Ashal, ancien assistant du chef de la diplomatie égyptienne, a estimé que la crise dans le Golfe avait été fomentée par les États-Unis pour en profiter.

    «Washington veut recevoir l'argent des monarchies du Golfe, alors que le Qatar n'achetait pas par le passé d'armes américaines. En temps de crise, les armes se vendent bien, mais par la suite le règlement du conflit profitera aux États-Unis, une désintégration de la communauté des pays du Golfe n'étant certes pas dans l'intérêt de l'Amérique», a expliqué M.al Ashal.

    Face à des tentatives d'isolement, le Qatar a commandé à l'américain Lockheed Martin pour 12 milliards de dollars d'avions de combat F-15. La vente intervient dans une période de crise diplomatique régionale autour du Qatar, accusé par ses voisins, dont l'Arabie saoudite, de soutenir le terrorisme. Le Président Donald Trump a apporté son soutien à la stratégie d'isolement initiée par Riyad, mais d'autres responsables américains se sont montrés plus réservés et ont appelé au dialogue.

    L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont rompu le 5 juin dernier les relations diplomatiques, ainsi que toutes les liaisons terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar, l'accusant de soutenir les organisations terroristes et de déstabiliser la situation au Proche-Orient. Le gouvernement libyen d'al-Beïda, qui contrôle l'est du pays, ainsi que les autorités du Yémen, des Maldives, de Mauritanie et des Comores ont aussi annoncé la rupture de leurs relations avec le Qatar. Djibouti et la Jordanie ont abaissé le niveau des relations diplomatiques avec le Qatar et le Sénégal, le Niger et le Tchad ont rappelé leurs ambassadeurs à Doha.

    Dossier:
    Rupture des relations diplomatiques avec le Qatar (62)

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    achat, ventes d'armes, crise, chasseur, F-15 Eagle, Sputnik, Saleh at Tayar, Donald Trump, Doha, Qatar, Proche-Orient, États-Unis
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