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    «Danger» ou «dérive monarchique»: des parlementaires PCF taclent le discours de Macron

    «Danger» ou «dérive monarchique»: des parlementaires PCF taclent le discours de Macron

    © REUTERS / Gonzalo Fuentes
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    Alors qu’Emmanuel Macron s’apprêtait à prononcer son discours devant le congrès réuni à Versailles, les députés PCF et La France insoumise ont boycotté cet évènement préférant manifester devant l’Hôtel de ville à Versailles contre ce qu’ils estiment être une «présidentialisation excessive de la Cinquième République». Sputnik était sur place.

    Le discours du Président français Emmanuel Macron, tenu ce lundi 3 juillet devant le congrès réuni à Versailles, a suscité de vives réactions. Ainsi, lorsque le chef d'État montait à la tribune pour s'adresser aux parlementaires, les députés du Parti communiste français (PCF) et de La France insoumise ont refusé d'aller écouter le discours de politique générale du Président de la République. À la place, une quinzaine de personnes du PCF ont manifesté devant l'Hôtel de ville de Versailles, considérant qu'il s'agissait d'une «présidentialisation excessive de la Cinquième République».

    Selon Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste et sénateur de Paris, le fait qu'Emmanuel Macron ait convoqué le congrès à Versailles pour son discours qui relève d'une «dérive monarchique».

    «Nous sommes ici pour marquer avec netteté notre opposition à la méthode employée par le Président de la République, qui renforce la dérive monarchique de nos institutions», a-t-il expliqué à Sputnik.

    D'après M.Laurent, le chef d'État Macron a violé le droit français choisissant de prendre la parole avant le Premier ministre qui devait s'exprimer devant le parlement en tant que chef du gouvernement.

    «De surcroît, quand le Premier ministre s'exprime devant le parlement, nous avons le droit de lui répondre, alors que là, les parlementaires ne peuvent que répondre "dans le vide", en quelque sorte. […] Ça commence à faire beaucoup en ce début de quinquennat: non seulement Emmanuel Macron procède de la sorte aujourd'hui, mais il veut aussi priver le parlement de la possibilité de débattre de manière pleine, entière et légitime la réforme du code du travail, en procédant par ordonnance», a-t-il continué, ajoutant que pour eux il n'était pas question «d'aller faire allégeance à cette méthode en siégeant aujourd'hui» préférant à la place être dans la rue «sur une avenue qui porte le beau nom des États-Généraux, alors que le Président de la République est au château de Versailles».

    Par ailleurs, M.Laurent a fortement critiqué le fait que M.Macron se soit réservé le pouvoir à lui seul.

    «La concentration des pouvoirs dans les seules mains du Président de la République devient très problématique et porte en elle de graves dangers pour la démocratie: quand on en est réduits à avoir un parlement élu par seulement la moitié des Français parce qu'on leur explique que ça a moins d'importance que l'élection présidentielle, nous ne sommes plus dans une république pleine et entière», a-t-il ainsi conclu.

    Dans le même temps, pour André Chassaigne, député PCF de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme, cette tendance représente bien un danger.

    «Je pense que c'est dangereux dans la mesure où ça se place dans un mouvement qui est plus large: ça s'accompagne du pouvoir exorbitant pris par la majorité présidentielle à l'Assemblée, et de la réduction du pouvoir des députés avec les ordonnances et donc l'impossibilité pour nous de faire des amendements. Je crois qu'il y a là quelque chose qui est réfléchi, construit, et nous il faut qu'on résiste très fort», a-t-il également déclaré à Sputnik.

    Ayant abordé différents sujets durant son discours de presque deux heures, le Président français a, entre autres, confirmé son projet de «réduction d'un tiers» du nombre de députés, passant ainsi de 577 à 348, et de sénateurs. Par ailleurs, il a également proposé que le parlement soit élu avec une dose de proportionnelle, «pour que toutes les sensibilités y soient justement représentées» et de limiter le cumul dans le temps des mandats des parlementaires. En outre, lors de son discours, M.Macron a proposé de supprimer la Cour de justice de la République.

    Dans le même temps, annonçant sa volonté de «parachever» sa réforme des institutions «d'ici un an», en soumettant les nouvelles dispositions à un référendum «si nécessaire», le Président français a également promis d'éviter la faute de ses prédécesseurs qui «se sont vu reprocher de n'avoir pas fait la pédagogie de leur action ni d'avoir exposé le sens et le cap de leur mandat» en revenant ainsi tous les ans devant le congrès pour «rendre compte» de l'avancée des réformes.

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    discours, critiques, politique, manifestation, Emmanuel Macron, France
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