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    Le processus d’Astana serait plus efficace avec la participation des pays occidentaux

    Le processus d’Astana serait plus efficace avec la participation des pays occidentaux

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    Alors que les négociations sur le conflit syrien, organisées par les pays-garants de la trêve, ont démarré ce mardi à Astana, Celalettin Yavuz, expert militaire turc, estime dans une interview accordée à Sputnik que les pays occidentaux devraient rejoindre le processus d’Astana pour régler ce conflit dans les meilleurs délais.

    Tandis que les pays-garants de la trêve sur le territoire syrien (Russie, Iran, Turquie) essaient de se mettre d'accord sur la mise en place des quatre zones de désescalade en Syrie afin d'y instaurer la paix, Celalettin Yavuz, ex-conseiller du Parti d'action nationaliste (MHP) pour les questions de politique extérieure et ex-capitaine de corvette de la marine de guerre turque, estime que ce processus pourrait être plus efficace avec une participation plus active des pays occidentaux.

    «Il est évident que les acteurs-clés dans le processus d'Astana sont la Russie, la Turquie, l'Iran et, en quelque sorte, le gouvernement de Bachar el-Assad. Les pays occidentaux et, avant tout, les États-Unis devraient s'impliquer pleinement dans ce processus important et prometteur. Toutefois, malgré les réussites du processus d'Astana, la participation des pays occidentaux reste restreinte», a-t-il affirmé à Sputnik.

    Par ailleurs, l'expert estime que la particularité importante des négociations à Astana consiste en ce qu'il a lieu alors que Daech perd du terrain en Irak et en Syrie. Soulignant l'importance des raids aériens russes dans la région de Raqqa, M.Yavuz suppose que l'opération de libération de cette ville ne devrait pas prendre beaucoup de temps. Cependant, selon lui, la question du contrôle des territoires libérés reste encore ouverte.

    De ce fait, l'interlocuteur de Sputnik souligne que la Turquie n'accorde pas sa confiance aux États-Unis qui soutiennent les Unités kurdes de protection du peuple (YPG) malgré la lettre ouverte du ministre américain de la Défense James Mattis affirmant qu'après la libération de Raqqa les Américains «n'utiliseront plus les Kurdes et que les armes qui leur ont été livrées ne seront pas dirigées contre la Turquie».

    «Au contraire, Ankara appréhende encore plus les projets américains. Ainsi, l'aspiration de Washington à satisfaire à tout prix ses ambitions en Syrie menace non seulement la situation actuelle dans la république arabe mais aussi son avenir», a-t-il conclu ajoutant qu'il était actuellement important avec l'aide de Moscou d'«établir des relations de travail entre la Turquie qui prône la sauvegarde de l'intégrité territoriale de la République arabe syrienne et les autorités syriennes».

    Une cinquième session de pourparlers sur la situation en Syrie s'est ouverte ce mardi à Astana, sous l'égide de la Russie, de l'Iran et de la Turquie, pour étudier la possibilité de la mise en place de «zones de désescalade». À la veille de l'ouverture de cette nouvelle session, l'armée syrienne a annoncé lundi une trêve unilatérale du 2 au 6 juillet dans les provinces de Deraa, Quneitra et Soueïda dans le sud du pays.

    Quatre rounds de négociations sur le règlement de la situation en Syrie ont déjà eu lieu à Astana: 23-24 janvier, 15-16 février, 14-15 mars et 3-4 mai. Ils ont notamment permis d'adopter un texte sur la mise en place d'un groupe opérationnel conjoint chargé de contrôler le respect du cessez-le-feu en Syrie. Les pays garants ont également signé un mémorandum sur la création de zones de désescalade en Syrie en vue de mettre fin aux violences, de préserver l'intégrité territoriale de la Syrie et de régler le conflit par des moyens politiques.

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    négociations, processus de paix, paix, conflit, États-Unis, Iran, Turquie, Astana, Syrie
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