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L'interpellation du frère du Président iranien Hassan Rohani, Hossein Fereydoun, pour «corruption» serait une tentative des milieux conservateurs et radicalisés iraniens de porter un coup dur à leur adversaire politique.

Le 16 juillet, les principaux médias internationaux ont annoncé une nouvelle qui a fait sensation: Hossein Fereydoun, frère du Président iranien Hassan Rohani et homme qui a pris une part active dans la vie de la république islamique occupant tour à tour des postes clés allant du chargé de la sécurité du leader spirituel iranien, l'ayatollah Khomeini, au conseiller du Président sur les négociations nucléaires, a été arrêté pour de délits «financiers».

Le frère du Président s'est vu incriminé d'une série d'accusations relatives à la corruption, dont une portant sur la réception d'argent d'un milliardaire accusé de détournement de fonds publics Babak Zanjani, l'obtention de crédits sans intérêts et la nomination de ses amis et partenaires à des postes clés au sein des entreprises étatiques… La liste est longue. Toutefois, avant d'y voir un grand scandale de corruption, l'iraniste russe Vladimir Sajine y repère des traits d'une lutte politique engagée par des milieux conservateurs iraniens. Il n'est pas un secret que l'Iran a connu et connaît une lutte aiguë et parfois même violente entre deux principaux courants, les conservateurs et les réformateurs libéraux, rappelle-t-il dans un commentaire à Sputnik.

«Hassan Rohani qui a brillamment remporté avec son équipe la présidentielle dès le premier tour [aussi bien en 2013 qu'en 2017, ndlr] constitue un facteur irritant pour ses adversaires politiques au sein des radicaux et des conservateurs. Le succès de la conclusion d'un accord nucléaire par des membres de l'administration de Rohani en 2015, où Hossein Fereydoun a joué un rôle important, a fait enrager les adversaires du Président qui ont qualifié son équipe de négociateurs de traitres ayant conclu un marché avec l'Occident et les ont accusés d'avoir capitulé devant les États-Unis», estime l'expert.

L'intrigue entourant la candidature du futur successeur du guide suprême de la république islamique, l'ayatollah Khamenei, constitue un autre aspect important de la lutte politique iranienne. Il n'est pas un secret que le chef du pouvoir judiciaire Sadegh Larijani et le Président en exercice Hassan Rohani figurent sur la liste des candidats potentiels, rappelle M.Sajine avant de s'interroger: «Une attaque contre Fereydoun ne serait-elle qu'une tentative indirecte de mettre fin à la discussion sur la candidature de Rohani?».

«Il est fort probable que la raison des poursuites judiciaires contre Hossein Fereydoun réside dans toute une série de faits n'arrangeant pas les adversaires de Rohani dans sa ligne politique et économique aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. Ce serait un signal envoyé au Président Rohani, l'invitant à cesser de faire des gestes brusques dans sa politique», explique M.Sajine.

Et de rappeler que le scandale autour du frère du Président avait éclaté à la veille de l'investiture, en pleine période de formation d'un nouveau gouvernement modéré et d'élaboration de la stratégie politique pour les quatre ans à venir.

L'expert conclut qu'aussi bien en Iran que dans le monde entier on espère que malgré ces péripéties le Président Rohani poursuivra sa ligne politique et ce aussi bien pour son pays que pour la sécurité internationale.

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Tags:
accusations, corruption, politique, lutte, programme nucléaire iranien, ayatollah Khomeini, ayatollah Ali Khamenei, Sadegh Larijani, Hassan Rohani, Hossein Fereydoun, Iran
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