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    Les Émirats, une nouvelle cible de Washington ou un nouveau client?

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    L'attitude des États-Unis sur la crise du Golfe et leurs rapports avec les monarchies arabes sont une preuve du «trumpisme», politique menée par un pays dirigé par un homme d'affaires qui ne cherche que le profit financier, considère un journaliste turc interrogé par Sputnik.

    La crise du Golfe pourrait prendre un tournant inattendu: dans un article, le journal Washington Post en a imputé la responsabilité aux Émirats arabes unis. Depuis, les tensions sur la péninsule arabique ont cédé en envergure. Cette situation a poussé certains à s'interroger sur si Abou Dhabi était une nouvelle cible de Washington dans la région.

    Comme le considère dans son commentaire à Sputnik le journaliste et observateur politique turc Mehmet Ali Güller, aux yeux des États-Unis, les Émirats sont à la fois une nouvelle cible dans le Golfe, mais aussi un importateur d'armes potentiel. Rappelons que peu après que la nouvelle d'une éventuelle alliance entre Doha et Téhéran contre Riyad et Washington a été diffusée, le Qatar et les États-Unis ont signé un accord portant sur l'achat par ce pays arabe d'avions militaires américains pour la bagatelle de 12 milliards de dollars.

    «Suite à la vente d'armes au Qatar a émergé une nouvelle politique dans le Golfe dans le cadre de laquelle le secrétaire d'État Rex Tillerson déploie des efforts pour apaiser la situation. Tout de suite après, le Royaume-Uni et le Qatar ont tenu des manœuvres maritimes conjointes et la France a appelé les pays du Golfe à lever l'embargo décrété à l'encontre du Qatar. La question est-elle résolue? Non. Par le biais du quotidien Washington Post, les renseignements américains ont annoncé que ce sont les Émirats qui étaient derrière la crise autour du Qatar», a expliqué l'interlocuteur de Sputnik.

    Prendre les Émirats arabes unis pour cible signifie que ce pays deviendra un nouvel acheteur d'armes américaines, estime-t-il. «C'est une nouvelle preuve du "trumpisme". C'est un moyen pour les États-Unis dirigés par l'homme d'affaires Trump de couvrir les frais dépensés au Proche-Orient».

    L'Arabie saoudite, Bahreïn, l'Égypte et les Émirats arabes unis ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'accusant de soutenir le terrorisme et de se rapprocher de l'Iran chiite, grand rival régional du royaume saoudien. Le Qatar, qui a le soutien de la Turquie, rejette fermement ces allégations.

    Les quatre pays arabes demandent notamment au Qatar de rompre les relations diplomatiques avec l'Iran, de fermer la base militaire turque sur son territoire et de mettre fin à la diffusion de la chaîne de télévision Al Jazeera. Doha, à son tour, a qualifié les requêtes d'irréalistes et a appelé à les réviser.

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    armements, crise du Golfe, stratégie, politique, Golfe persique, Abou Dhabi, Qatar, Émirats Arabes Unis, États-Unis
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