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    Doha, Qatar

    Qatar: quel rôle réserver à l’Iran dans la résolution de la crise?

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    Rupture des relations diplomatiques avec le Qatar (95)
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    Soutenu par des pays non arabes, notamment l’Iran, le Qatar ne se plie toujours pas aux ultimatums de l’Arabie saoudite et de ses alliés du Golfe. Le politologue russe Vladimir Sajine évalue la situation pour Sputnik.

    Lancée par quatre monarchies du Golfe, l'attaque éclair et tous azimuts contre le Qatar a échoué, a constaté Vladimir Sajine dans un entretien avec Sputnik.

    «Cet émirat petit, mais fier, a rejeté les 13 exigences humiliantes de ses adversaires, ce qui est d'ailleurs facile à comprendre. En 2015, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que le PIB du Qatar par tête d'habitant était le plus élevé au monde », a expliqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que Doha, fort de son assise financière, avait pu dire «non».

    «Il s'agit notamment de 26,6 tonnes d'or, de 40 milliards de dollars de réserves de change, d'un fonds d'investissements public de 300 milliards de dollars et d'un excédent budgétaire quasi permanent de 40 milliards de dollars», a précisé l'expert, indiquant que toutes ces richesses n'étaient destinées qu'aux 280.000 sujets de l'émir sur l'ensemble de la population de 1.900.000 habitants, principalement émigrés.

    Par ailleurs, M.Sajine a indiqué que l'Iran et la Turquie avait brisé le blocus imposé au Qatar.

    «Qui plus est, le soutien à Doha, déclaré et tacite, des États-Unis, de la France, de l'Allemagne, de la Turquie, de la Russie et d'autres pays, y compris de l'Iran, a fait baisser le niveau de confrontation dans ce nouveau point chaud au Proche-Orient», a-t-il relevé.

    Selon l'interlocuteur de Sputnik, bien que les relations entre l'Iran et le Qatar ne soient guère romantiques, mais plutôt pragmatiques, tout porte à croire que Téhéran a gagné cette bataille contre Riyad.

    «Dans sa confrontation politique et idéologique avec l'Arabie saoudite, l'Iran a incontestablement remporté la bataille du Qatar et pourra accentuer son influence politique et économique, tant dans l'émirat que sur l'ensemble du Golfe», a-t-il estimé.

    L'expert a rappelé que lorsqu'en Irak les troupes de Saddam Hussein avaient été battues et que le régime s'était effondré, les Américains disaient: «la guerre est terminée, l'Iran a gagné».

    «Cette fois encore, c'est l'Iran qui gagne au Proche-Orient», a-t-il conclu.

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    Tags:
    règlement, richesse, crise, PIB, population, Fonds monétaire international (FMI), Sputnik, Vladimir Sajine, Doha, Téhéran, Qatar, Proche-Orient, Arabie Saoudite, Iran, États-Unis
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