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Situation en mer de Chine méridionale (80)
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Interrogé par Sputnik, l'expert des relations internationales en Asie du Sud-Est, Anton Tsvetov, dresse le bilan de la situation en mer de Chine méridionale et analyse l'attitude des pays riverains.

Comme l'avaient prédit de nombreux experts, l'accalmie en mer de Chine méridionale n'était qu'illusoire, d'autant plus que l'exacerbation des tensions dans cette région se produit traditionnellement durant l'été. C'est la décision du Vietnam de cesser, sous la pression de Pékin, l'extraction de pétrole au bloc 136/3, où Hanoi fort conjointement avec l'espagnol Repsol, qui constitue l'événement le plus retentissant ayant marqué la zone en question au cours de ces dernières semaines. Cet incident témoigne du fait que les tensions apparues à la suite de l'annulation des exercices militaires conjoints sino-vietnamiens en juin dernier restent fortes. Le fait que les États-Unis ne renoncent pas au recours à la force dans leur concurrence pour cette mer vient compléter le tableau d'une situation déjà tendue dans cette zone, estime dans son commentaire à Sputnik, l'expert du Centre russe de recherches stratégiques, Anton Tsvetov.

Les médias américains ont récemment rapporté que le Président Donald Trump avait approuvé le projet du chef du Pentagone James Mattis de mener une opération pour garantir la libre navigation en mer de Chine méridionale. Si ces informations sont avérées, les opérations en question deviendront régulières et ne nécessiteront pas à chaque fois l'approbation du Conseil de sécurité nationale. D'après les stratèges américains, cela conduirait à plus d'insistance sur l'illégalité des revendications territoriales de la Chine, rappelle l'expert. D'après lui, le Royaume-Uni pourrait devenir un autre acteur actif dans la région de la mer de Chine méridionale.

Pendant ce temps, Pékin continue à améliorer ses relations avec le Président philippin Rodrigo Duterte, cherchant à l'attirer de son côté. Lors de son déplacement à Manille, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a déclaré que l'extraction conjointe en mer de Chine méridionale — qui devrait être lancée dès cette année — servirait de modèle de règlement des litiges territoriaux. Néanmoins, les experts qui suivent les activités de Pékin en mer de Chine considèrent que les sites militaires chinois sur les récifs de Fiery Cross, de Subi et Mischief lui assurent dès aujourd'hui un contrôle sans précédent sur le cœur même des eaux contestées, poursuit M.Tsvetov.

D'après l'expert, c'est l'Indonésie qui semble avoir adopté la politique de lutte d'influence la plus inoffensive, se contentant pour le moment de donner une nouvelle appellation au secteur de la mer limitrophe avec sa zone économique exclusive. L'expert rappelle que lorsque le Président Joko Widodo est arrivé au pouvoir en 2014, on s'attendait que ce leader dynamique d'un pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est entreprenne des démarches décisives pour consolider les positions des pays de la région dans leurs négociations avec la Chine. Mais, il reste assez passif dans ce domaine. Son initiative de rebaptiser un secteur de la mer de Chine a toutefois irrité la partie chinoise.

Autrement dit, rien de bon ne se produit actuellement en mer de Chine méridionale, résume l'expert. Pour le moment, aucune partie ne manifeste d'aptitude à prendre en considération les intérêts des autres parties prenantes et à renoncer à l'approche radicale de la question de la souveraineté. Il semble que pour le moment cette mer ne soit pas trop étroite pour toutes les parties intéressées, mais compte tenu des rythmes de modernisation de leur marine les différentes parties auraient bientôt du mal de circuler, ce qui augmente le risque de conflits brusques, conclut Anton Tsvetov.

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Situation en mer de Chine méridionale (80)

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Tags:
litiges territoriaux, différend, James Mattis, Donald Trump, Royaume-Uni, Vietnam, Philippines, Indonésie, Chine, États-Unis
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