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    Invasion du Koweït par l’Irak, prétexte en or pour doper les ventes d’armes britanniques

    © AP Photo/ Kirsty Wigglesworth, file
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    Le gouvernement britannique a considéré l'invasion irakienne du Koweït comme une "occasion inégalée" de vendre des armes aux États du Golfe, selon des documents secrets récemment déclassifiés.

    Le Guardian rapporte, se référant à des documents secrets des Archives nationales récemment déclassifiés, que le Royaume-Uni a profité de l'« occasion inégalée » présentée par l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990 pour doper ses ventes d'armes aux pays du Golfe.

    Parmi les documents publiés par les Archives nationales, on trouve notamment les rapports d'information confidentiels qu'Alan Clark, à l'époque ministre chargé de l'approvisionnement de la défense, a présenté à la Première ministre Margaret Thatcher à l'issue de ses déplacements dans des États du Golfe à la veille de la guerre.

    «Le gouvernement a tenté d'en tirer profit. La guerre a permis de promouvoir les ventes d'armes dans la région et a favorisé la mise en place d'étroites relations qui se poursuivent jusqu'à aujourd'hui », signale le média.

    Dans une lettre secrète à Thatcher rédigée le 19 août 1990, soit quelques jours après l'invasion du Koweït par les forces de Saddam Hussein, Alan Clark a écrit que la réponse attendue des États-Unis et de leurs alliés présentait une «occasion inégalée» pour le département des services d'exportation du ministère de la Défense (Defence Export Services Organisation, DESO, actuellement DSO).

    «Quelles que soient les politiques de déploiement que nous adoptons, je dois souligner que c'est une occasion inégalée pour le DESO», a expliqué Alan Clark.

    Les documents publiés témoignent que le ministre Clark a rencontré l'émir du Qatar et le ministre de la Défense de Bahreïn pour promouvoir les exportations d'armes. Dans ses rapports, il a qualifié les Émirats, l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Jordanie de clients potentiels.

    Parmi les commandes potentielles, il s'agissait de la livraison aux Émirats arabes unis de 36 hélicoptères Westland Black Hawk pour 325 millions de livres. Oman était intéressé par l'achat des véhicules de combat dans le désert Warrior pour 55 millions de livres, ainsi que de chars Challenger II. Bahreïn voulait acheter des avions Hawk de British Aerospace, alors que l'Arabie Saoudite était intéressée par la livraison de sept aéroglisseurs pour 200 millions de livres.

    Clark estimait également que le partage des données du renseignement avec les États du Golfe à la veille de la guerre pourrait servir d'instrument de marketing pour l'industrie de l'armement. Il demandait que des officiers supérieurs du renseignement effectuent des visites hebdomadaires dans les pays du Golfe pour organiser des séances d'information en espérant que ces réunions permettent, le cas échéant, l'entrée en jeu des représentants du DESO.

    Le dernier rapport annuel du DSO montre qu'en 2016 le Royaume-Uni a conclu des contrats d'armes pour 6 milliards de livres, ce qui représente 9% du marché mondial. La moitié de cette somme provient du Proche-Orient.

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    Tags:
    invasion, ventes d'armes, Margaret Thatcher, Alan Clark, Saddam Hussein, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Irak, Koweït, Royaume-Uni
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