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Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a dénoncé samedi la réaction de Berlin à l'arrestation en Turquie de deux citoyens allemands soupçonnés de liens avec le putsch manqué de juillet 2016.

«Quand nous arrêtons (un putschiste, ndlr), l'Allemagne commence par s'indigner. Mais qu'est-ce que cela peut vous faire?», a lancé samedi Mevlüt Cavusoglu, cité par l'agence Anadolu. «C'est aussi un citoyen turc, mais elle demande: "Pourquoi vous arrêtez mon citoyen?"».

Rappelons que le ministère allemand des Affaires étrangères a dénoncé vendredi l'arrestation en Turquie pour des «raisons politiques» de deux de ses ressortissants, portant à douze le nombre d'Allemands que Berlin considère comme des détenus politiques dans ce pays.

Selon l'agence privée Dogan, il s'agit de deux Allemands d'origine turque, interpellés à l'aéroport d'Antalya (sud-ouest) pour des liens présumés avec le putsch du 15 juillet 2016. Dogan ne précisait pas s'ils avaient la nationalité turque, comme le laisse entendre M. Cavusoglu.

«S'il est impliqué dans le putsch manqué, s'il l'a soutenu, pourquoi est-ce que vous le protégez?», a poursuivi le chef de la diplomatie turque, s'exprimant lors de célébrations de la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) dans le sud de la Turquie.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé vendredi que ces d'arrestations étaient «dans la plupart des cas sans fondement» et «n'ont rien à voir avec nos principes de l'État de droit».

Les relations entre Berlin et Ankara se sont dégradées depuis le coup d'État manqué imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits. L'Allemagne a fermement condamné les purges d'une ampleur sans précédent lancées par le pouvoir contre les partisans présumés du mouvement Gülen. Ankara accuse pour sa part Berlin de faire preuve d'indulgence envers les «terroristes», en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.

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Tags:
Angela Merkel, Recep Tayyip Erdogan, Fethullah Gülen, Berlin, Ankara
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