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    Des talibans en Afghanistan

    «Les talibans voulaient capituler, mais les États-Unis ont refusé net»

    © AP Photo / Allauddin Khan
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    Dans un article pour le magazine en ligne The Intercept, Ryan Grim affirme que les Américains ont refusé la paix proposée par les talibans après l’entrée du contingent occidental en Afghanistan en 2001. Les experts interviewés par Sputnik se sont exprimés sur ce point.

    Les interlocuteurs de l'agence ne sont pas tous d'accord pour affirmer que les talibans ont effectivement voulu se rendre, mais ils sont unanimes à estimer que les talibans sont une créature des États-Unis, et que leur défaite ne s'inscrit pas dans les plans des militaires américains.

    «Après leur défaite en 2001, les talibans ont regagné leurs foyers. Certains d'entre eux sont partis pour le Pakistan. Pendant deux à trois ans, il n'y a pas eu de guerre en Afghanistan […], mais la stratégie des États-Unis consistait à "combattre" le terrorisme. Ainsi, les Américains allaient chercher les talibans dans leurs maisons pour les emprisonner à Guantanamo ou à Bagram», a déclaré à Sputnik Atiqullah Amarkhel, général à la retraite de l'armée de l'air afghane.

    Et d'ajouter que les talibans n'étaient pas pour Washington un simple moyen d'appliquer sa stratégie «antiterroriste», mais aussi et surtout un instrument destiné à déstabiliser la région.

    «C'est pourquoi en réalité, les militaires américains ne combattent pas les talibans, dont les excès en Afghanistan font le jeu des États-Unis», a souligné l'expert.

    Selon ce dernier, à l'aide des talibans, les Américains cherchent à saper la sécurité en Asie centrale, que ce soit en Ouzbékistan, au Tadjikistan ou ailleurs, car l'instabilité de ces pays constitue une menace pour la sécurité de la Russie et de la Chine.

    Une autre interlocutrice de Sputnik, la députée afghane Nazife Zaki, rejette les affirmations du journaliste selon lesquelles en 2001 «les talibans voulaient capituler, mais les États-Unis ont refusé net».

    «Ils n'ont fait que reculer pour se regrouper et relancer la guerre qui se poursuit toujours», a-t-elle relevé.

    De son côté, le député du parlement afghan Gol Ahmad Azami a souligné dans un entretien accordé à l'agence que les États-Unis et tous les autres pays devaient enfin comprendre que le terrorisme est un mal universel qui n'obéissait jamais à personne.

    «Si aujourd'hui, les terroristes attaquent et tuent en Afghanistan, demain ils viendront en Russie et en Amérique, au Royaume-Uni et en Europe. Aussi, faut-il créer une coalition mondiale qui sauve l'humanité de ce fléau», a conclu M.Azami.

    Jamais depuis qu'ils ont été chassés de Kaboul à l'automne 2001, les talibans n'ont été aussi puissants. Profitant du retrait de la majorité des troupes étrangères en 2014, ils ne cessent de progresser, district après district, dans les campagnes reculées mais aussi dans les faubourgs des grandes villes.

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    Tags:
    parlement, militaires, talibans, terrorisme, Taliban, The Intercept, Sputnik, Ryan Grim, Gol Ahmad Azami, Nazife Zaki, Atiqullah Amarkhel, Guantanamo, Ouzbékistan, Asie centrale, Tadjikistan, Kaboul, Afghanistan, Washington, Royaume-Uni, Europe, Chine, États-Unis, Russie
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