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    Ömer Çelik

    Un ministre turc traite l'UE d'«États-Unis d'Allemagne»

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    L'Allemagne n'a pas le droit de dicter sa volonté aux pays membres de l'Union européenne et de décider pour les autres si la Turquie mérite ou non d'entrer dans l'Union, a estimé le ministre turc des Affaires européennes Ömer Celik commentant les débats préélectoraux entre Angela Merkel et Martin Schultz.

    Les propos de la chancelière allemande, Angela Merkel, et du candidat du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), Martin Schultz, qui, lors des récents débats télévisés, se sont dit très sceptiques quant à l'idée d'adhésion de la Turquie à l'UE ont indigné le ministre turc des Affaires européennes Ömer Celik qui s'est empressé de leur répondre sur Twitter.

    «Nous voyons que certains politiciens allemands lors de leurs campagnes électorales donnent ouvertement des ordres aux responsables de l'UE et aux États membres de l'UE. Ils ne savent pas ce qu'est l'UE, et ils croient qu'elle est les "États-Unis d'Allemagne". Ces politiciens ne montrent aucun respect pour les valeurs et les institutions de l'UE, tout comme ils ne le montrent pas non plus à la Turquie. Nous n'acceptons pas de telles déclarations irrespectueuses lancées contre la Turquie», a écrit le ministre.

    Il a ajouté que si les politiciens allemands «étaient sincères dans leurs critiques, ils répondraient positivement à l'appel d'ouvrir les chapitres 23 et 24 [des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, ndlr]. Au lieu d'activer le mécanisme de l'UE, ils essaient d'utiliser l'UE comme instrument de politique de l'Allemagne».

    Dimanche, Angela Merkel, lors des débats préélectoraux, a déclaré qu'elle ne voyait personnellement pas de possibilité pour la Turquie d'entrer dans l'UE. Selon elle, Berlin peut influencer économiquement Ankara, en donnant un avertissement plus net à ceux qui souhaitent se rendre en Turquie et en imposant des restrictions sur les prêts. À son tour, Martin Schultz a indiqué qu'il suspendrait les pourparlers sur l'adhésion de la Turquie à l'UE s'il était élu chef du gouvernement allemand.

    Les relations entre Berlin et Ankara se sont dégradées depuis le coup d'État manqué imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits. L'Allemagne a fermement condamné les purges d'une ampleur sans précédent lancées par le pouvoir contre les partisans présumés du mouvement Gülen. Ankara accuse pour sa part Berlin de faire preuve d'indulgence envers les «terroristes», en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.

    Tags:
    Ömer Çelik, Martin Schulz, Angela Merkel, Allemagne, Turquie
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