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Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni d'urgence lundi 4 septembre pour évoquer les essais nucléaires en Corée du Nord. Le seul résultat pratique de la réunion a été la proposition émise par l'ambassadrice américaine d'élaborer un projet de résolution du Conseil de sécurité.

Il est prévu d'élaborer le document et de le soumettre au vote courant de la semaine.

La position de la Russie

L'ambassadeur russe à l'Onu Vassili Nebenzia a averti Pyongyang que les essais nucléaires pourraient avoir de graves conséquences pour la Corée du Nord, tout en appelant les parties au dialogue.

«C'est regrettable que par ses actions visant à saper le régime de non-prolifération la Corée du Nord crée une grave menace à la paix et à la sécurité sur la péninsule coréenne et à l'échelle mondiale. La poursuite de cette ligne serait lourde de conséquences pour la Corée du Nord elle-même. Dans le même temps, il est évident pour nous qu'il n'existe pas de solution militaire au problème de la péninsule coréenne», a déclaré le diplomate.

Selon lui, poursuivre la ligne de sabotage du régime non-prolifération par le gouvernement nord-coréen serait lourd de conséquences pour Pyongyang lui-même, mais il n'existe pas de solution militaire au problème de la péninsule coréenne.

La position des USA

Nikki Haley a déclaré que les USA rejetaient formellement les propositions de cesser les exercices conjoints avec ses alliés sur la péninsule coréenne en échange de la suspension des essais nucléaires et balistiques de Pyongyang. Or c'est précisément la «feuille de route» préconisée depuis début juillet par la Chine et la Russie.

«L'idée du gel en échange du gel avancée par certains est outrageante… Aucun pays ne l'accepterait», a sèchement déclaré la représentante américaine.

Sachant que Nikki Haley est d'avis que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un cherche la guerre. D'après la diplomate, Washington ne le souhaite pas mais il est prêt à se défendre et à défendre ses alliés. «Les USA ne souhaitent pas une guerre, et nous ne la voulons pas, mais nous défendrons nos alliés et leur territoire», a déclaré Nikki Haley.

Et de poursuivre que Washington considérera tout pays faisant des affaires avec Pyongyang comme complice du programme nucléaire nord-coréen, avant d'appeler le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre les mesures les plus fortes contre la Corée du Nord.

«L'heure est venue d'employer toutes les méthodes diplomatiques pour mettre un terme à cette crise, et cela signifie décréter rapidement les sanctions les plus fortes qui permettront de revenir à la diplomatie… Seulement les sanctions les plus fortes nous permettront de régler ce problème par la voie diplomatique», a déclaré Nikki Haley.

La position américaine a été soutenue par l'ambassadeur japonais à l'Onu Koro Bessho appelant à exercer une pression maximale sur Pyongyang.

La position de la Chine

L'ambassadeur chinois à l'Onu Liu Jieyi a répondu à sa collègue américaine. Il a rétorqué que la feuille de route pour régler le problème de la péninsule coréenne était parfaitement réaliste et réalisable, toutes les parties doivent y réfléchir.

«La Chine et la Russie ont proposé ensemble une «feuille de route» pour régler le problème de la péninsule coréenne. Le plan sino-russe conjoint est réaliste et réalisable… Nous espérons que toutes les parties réfléchiront attentivement à ce plan et y participeront activement», a déclaré Liu Jieyi.

Début juillet, les ministres des Affaires étrangères russe et chinois ont fait une déclaration conjointe sur les problèmes de la péninsule coréenne en proposant le plan de «double gel». Les deux pays ont suggéré à la Corée du Nord de proclamer un moratoire sur les essais nucléaires et les lancements de missiles, et à la Corée du Sud et aux USA — de s'abstenir des exercices dans la région.

Cela implique que les belligérants entameront parallèlement les négociations pour valider des principes généraux des relations, y compris le non-usage de la force et l'intention de faire des efforts pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. La Russie a également proposé de mettre au point une feuille de route de rétablissement progressif de la confiance et de la mise en place des conditions pour relancer les négociations à Six.

Le représentant de la Chine a également souligné que Pékin ne permettrait pas de déclencher une guerre et de «provoquer le chaos» sur la péninsule coréenne, et que la crise devait être réglée par la voie diplomatique.

Le commentaire de Dmitri Peskov

Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov en commentant la situation autour de la Corée du Nord a rappelé la position de Moscou: le problème peut être réglé uniquement par la voie politique et diplomatique.

«Cela demeure la pierre angulaire de la position, il n'y a rien à y ajouter pour l'instant, la situation est effectivement difficile», a-t-il déclaré.

Dans la situation avec la Corée du Nord il est facile pour les pays en dehors de la région de prononcer le mot «guerre», alors que les pays voisins doivent être plus sages et choisir une approche équilibrée du problème, a déclaré le porte-parole du président. «Dans ce contexte il est facile pour les pays en dehors de la région de prononcer le mot «guerre», mais ceux qui vivent dans la même région avec la Corée du Nord et la péninsule coréenne doivent adopter une approche bien plus sage et équilibrée de ce problème très sérieux qui suscite notre préoccupation générale», a-t-il ajouté.

Les nouveaux essais nucléaires

Dimanche 3 septembre, la Corée du Nord a annoncé l'essai réussi d'une bombe H prévue pour être installée sur les missiles intercontinentaux. Le ministère japonais de la Défense a préalablement évalué la puissance de la charge à 70 kt, ce qui dépasse largement la puissance des bombes atomiques lancées sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Le président américain Donald Trump a déclaré que Washington était prêt à utiliser «tous les moyens» pour protéger son pays et les alliés, y compris l'arme nucléaire. Séoul a fermement condamné ces essais, alors que Tokyo les a qualifiés de «défi lancé à la communauté internationale».

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Tags:
Vassili Nebenzia, tests nucléaires, ONU, Corée du Nord, États-Unis, Russie
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