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La date du 8 septembre 1855 reste associée à la prise de Sébastopol par l’armée française et, plus précisément, à la bataille de Malakoff, combat qui marqua le début de la fin de la guerre de Crimée qu’on qualifie de «première guerre moderne». Pourquoi? Eric Anceau, professeur à la Sorbonne et à Sciences-Po, en partage son explication à Sputnik.

Il y a 162 ans, la ville de Sébastopol tombait aux mains des troupes françaises, britanniques et sardes. La bataille de Malakoff du 8 septembre 1855 fut le tournant décisif dans l'épuisante guerre de Crimée qui opposait depuis 2 ans l'Empire russe à une coalition formée de l'Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du Royaume de Sardaigne, a rappelé à Sputnik Eric Anceau.

«À l'époque on l'appelle la guerre d'Orient […], et elle ne deviendra la guerre de Crimée que quand les historiens l'appelleront ainsi puisque la plupart des combats se sont localisés en Crimée. […] "Une guerre moderne", puisque vous avez les premiers grands reporters de guerre», a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

Et d'ajouter que c'était une guerre qui s'éternisait.

«La deuxième raison, c'est qu'on a l'utilisation d'un armement très moderne et en particulier, au tout début de la guerre, les premiers navires cuirassés qui opèrent justement en mer Noire», a poursuivi l'historien.

Évoquant d'autres aspects liés à la guerre de Crimée, il a aussi parlé des tranchées.

«C'est la première guerre moderne de position, notamment avec le moment du siège de Sébastopol, tout à fait déterminant dans cette guerre, qui est en fait un siège avec des tranchées», a relevé l'universitaire.

Dans cet entretien accordé à Sputnik, M.Anceau a également évoqué l'impact considérable de la guerre de Crimée sur la France qui sortait à l'époque d'une grande période d'affaiblissement.

«Depuis le congrès de Vienne en 1875 et la guerre d'Orient, la guerre de Crimée, marque son retour (de la France, ndlr) avec Napoléon III sur la scène internationale. C'est la première guerre gagnée et Napoléon III va faire preuve d'une grande intelligence politique puisqu'il ne va pas souhaiter au Congrès de Paris de 1856 accabler son vaincu et au contraire, il va chercher une alliance avec les Russes», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

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Tags:
bataille, tranchées, congrès, reportage, guerre, armements, guerre de Crimée (1853-1856), Sciences Po, Sorbonne, Sputnik, Eric Anceau, Napoléon III, Vienne (Autriche), Empire ottoman, Royaume-Uni, Crimée, Paris, France, Russie
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