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    Réfugiés Rohingyas

    Une «zone de sécurité» pour les réfugiés Rohingya au Bangladesh?

    © REUTERS/ Danish Siddiqui
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    Le président du Bangladesh Abdul Hamid a suggéré de créer une «zone de sécurité» sous l'égide de l'Onu ou de l'Organisation de coopération islamique (OCI) pour les réfugiés de la région birmane de l'État d'Arakan.

    Il a exprimé cette initiative lors d'un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en marge du sommet de l'OCI pour la science et les technologies organisée hier à Astana.

    Dacca fait monter la pression

    Le président a souligné qu'un pays aussi «densément peuplé» que le Bangladesh pouvait difficilement accueillir un grand nombre de réfugiés, en appelant la Birmanie à reprendre ses Rohingya.

    Le Bangladesh, où, selon les estimations de l'Onu, depuis fin août ont fui près de 270.000 habitants de l'État d'Arakan, essentiellement des Rohingya, durcit dernièrement la critique et la pression internationale sur les autorités du pays voisin. Ainsi, la première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina avait également appelé plus tôt la Birmanie à reprendre les Rohingya.

    Le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh Abul Hassan Mahmood Ali a organisé une réunion pour les chefs des missions diplomatiques étrangères. Après cela il a déclaré à la presse que le gouvernement assimilait les événements dans l'État d'Arakan à un génocide. Selon lui, 3.000 personnes y ont été tuées depuis deux semaines, même si la Birmanie a officiellement rapporté environ 400 victimes.

    «Seul Naypyidaw peut régler cette crise. Nous menons des négociations bilatérales avec la Birmanie sur le problème des Rohingya. Nous ne ferons pas la guerre parce que cela n'a jamais réglé les problèmes», a cité les propos du ministre la presse du Bangladesh.

    Il a ajouté que «désormais, confrontée à la pression, la Birmanie a accepté de rapatrier des Rohingya ayant des documents d'identité nationaux». Cependant, l'une des racines du problème du statut des Rohingya est que les autorités birmanes ne les reconnaissent pas en tant que citoyens du pays.

    Le commerce sera maintenu

    Mahmood Ali a rappelé que le Bangladesh et la Birmanie avaient déjà conclus de tels accords auparavant. Ainsi, en 1992 la Birmanie avait accepté de rapatrier presque 237.000 réfugiés Rohingya du Bangladesh. Actuellement, selon le ministre, 700.000 réfugiés Rohingya de l'État d'Arakan se trouvent au Bangladesh, dont 270.000-300.000 arrivés au cours des deux dernières semaines.

    La situation actuelle influence la dynamique des échanges. Selon la revue Dhaka Tribune, le ministère du Commerce a cessé d'essayer d'augmenter les échanges entre les deux pays depuis le début de la crise. Sachant que le ministre du Commerce Tofail Ahmed a déclaré que le Bangladesh n'avait pas l'intention de suspendre les contacts économiques avec la Birmanie, comme l'ont fait les Maldives.

    Depuis fin août, les militaires et les forces de sécurité mènent dans l'État d'Arakan en Birmanie une opération contre les combattants islamiques des Rohingya qui y vivent, des Bengalis ethniques, qui sont considérés en Birmanie comme des migrants illégaux. L'opération a commencé après l'attaque coordonnée des combattants Rohingya lancée le 25 août contre plusieurs postes de police et casernes militaires. Plus de 400 personnes ont été tuées, près de 270.000 personnes ont fui au Bangladesh voisin.

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    Tags:
    Rohingya, ONU, Bangladesh
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