International
URL courte
Sputnik dans le viseur du Bureau fédéral d'enquête (FBI) (6)
4221
S'abonner

Sputnik fait l'objet d'une investigation du FBI qui soupçonne l'agence russe de faire de la propagande en violation de la loi américaine sur les agents étrangers. James Petras, professeur émérite de sociologie à l'Université de Binghamton (New York), commente la situation pour Sputnik.

Toute cette campagne, dont fait partie l'investigation du Bureau fédéral d'enquête (FBI), vise à porter atteinte aux relations entre les États-Unis et la Russie, l'agence russe ne faisant que relayer des informations, a déclaré à Sputnik James Petras, ajoutant qu'une sorte de paranoïa régnait actuellement à Washington.

«Je pense que cette attaque contre Sputnik est une tentative de rompre les relations avec la Russie. L'expulsion de diplomates, comme l'adoption de sanctions supplémentaires, visent à compromettre les relations diplomatiques avec la Russie. Il s'agit d'un revirement dans la politique extérieure des États-Unis, provoqué par une guerre qui oppose à Washington les partisans et les adversaires de Donald Trump», a estimé l'interlocuteur de l'agence.

Selon lui, cela n'est pas lié à la politique extérieure de la Russie, mais à une «guerre civile» entre les forces pro- et anti-Trump.

«Il est pour le moins dérisoire d'accuser Sputnik de choses auxquelles la presse américaine se livre elle-même», a relevé l'universitaire.

Et d'expliquer qu'il était infondé d'accuser l'agence russe de s'être ingérée dans l'élection présidentielle aux États-Unis ou de l'avoir couverte avec partialité.

«Tous les pays du monde couvrent les événements à partir de leurs intérêts nationaux, et personne ne le qualifie d'ingérence. Les États-Unis ont eux aussi des radios et d'autres médias qui font valoir la politique et les intérêts américains», a rappelé M.Petras.

Quant à l'exigence d'obliger Sputnik à se faire enregistrer à titre d'agent étranger selon le Foreign Agents Registration Act (FARA), loi adoptée en 1938 pour contrer la propagande nazie par le biais d'intermédiaires aux États-Unis, le professeur l'attribue en partie au fait que les médias américains n'admettent pas de concurrence, notamment de la part de Sputnik et de RT.

«Autrement dit, c'est une guerre contre les médias libres», a-t-il estimé.

M.Petras a également insisté sur un autre point clé.

«Sous Poutine, la Russie est redevenue un pays indépendant qui développe ses relations avec les alliés, dont la Chine et l'Iran. Le département d'État et les médias mainstream américains souhaitent le retour de l'époque Eltsine, quand la Russie n'était qu'un satellite impuissant des États-Unis. Ils ne veulent pas reconnaître qu'après 2000, la Russie a pris un rôle important dans l'économie mondiale et a recouvré son indépendance pour se développer dans le monde en dehors de l'orbite américaine», a résumé l'interlocuteur de Sputnik.

Rappelons qu'une proposition de loi a été déposée à la Chambre des représentants du Congrès américain afin de modifier les exigences de l'État quant à l'enregistrement des agents étrangers, conformément à la loi Foreign Agents Registration Act (FARA). La proposition suggère notamment d'octroyer des pouvoirs supplémentaires au département de la Justice, dont fait partie le FBI, l'autorisant ainsi à traduire en justice les organisations qui essayent d'influer «illégalement» sur les processus politiques aux États-Unis.

Dossier:
Sputnik dans le viseur du Bureau fédéral d'enquête (FBI) (6)

Lire aussi:

Un premier Français meurt du coronavirus à Paris
Coronavirus: l’épidémie fait monter le cours de l’or et «la banque centrale américaine ne le veut pas»
Un grand requin blanc filmé au plus près par deux pêcheurs insouciants – vidéo
Deux militaires turcs tués dans une frappe à Idlib, 114 cibles syriennes éliminées dans une contre-attaque
Tags:
agent, loi, paranoïa, enquête, Chambre des représentants des Etats-Unis, FBI, Sputnik, Donald Trump, Boris Eltsine, Vladimir Poutine, James Petras, Chine, Iran, Washington, États-Unis, Russie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook