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Les autorités américaines, qui craignent d'être victimes de ce qu'elles appellent «un Pearl Harbor spatial», s’en tiennent au maintien en orbite de leurs satellites militaires et entendent augmenter leurs dépenses militaires. Dans ce contexte, elles font la sourde oreille aux appels de Moscou et de Pékin à démilitariser l'espace.

Les États-Unis n’ont pas soutenu le nouveau texte de l’accord sur la démilitarisation de l’espace proposé par la Russie et la Chine, parce qu’ils redoutent une attaque venant de l’espace, a annoncé le journal britannique Daily Express.

Le projet de traité a été dévoilé en 2008 et sa nouvelle mise à jour avancée par Moscou et Pékin, sera présentée lors de la prochaine réunion de l’Assemblée générale des Nations unies.

La plupart des membres de l’Onu soutiennent le traité, mais les États-Unis s’y opposent arguant leur vulnérabilité dans l’espace. Selon le journal britannique, Washington souhaite protéger ses satellites et d’autres systèmes dont la perte pourrait réduire le potentiel militaire du pays.

D’après des experts, les ennemis des États-Unis peuvent se doter de moyens techniques capables de brouiller voire détruire les systèmes orbitaux américains en attaquant les satellites ou les stations terrestres de traitement de données satellitaires.

En 2001, la commission américaine dirigée par l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait déjà déclaré que les États-Unis étaient plus dépendants des engins spatiaux que d’autres pays avant de déplorer le manque d’attention portée par les autorités à ce problème. La commission avait été la première à évoquer le risque d’un «Pearl Harbor spatial».

Pour l’instant, les États-Unis préfèrent la tactique d’attente, refusant de démilitariser l’espace et d’augmenter leur potentiel militaire en orbite.

L’URSS et les États-Unis ont signé en 1972 le Traité sur la limitation des systèmes de défense antimissiles balistiques (ABM). Toutefois, l’administration de George W.Bush s’est retirée de ce traité en 2001. La Russie a considéré cette démarche comme une menace pour sa sécurité nationale, rappelle le journal.

La semaine dernière, les États-Unis ont pour la cinquième fois lancé leur drone spatial Boeing X-37B qui pourrait servir d’arme spatiale.

En janvier 2007, la Chine a abattu son vieux satellite météorologique Fengyun-1C, provoquant l’indignation des pays de la région Asie-Pacifique. Ce tir de missile antisatellite chinois a été suivi par un test similaire réalisé par le Pentagone en 2008.

En 2016, Pékin a mis en orbite le satellite Aolong-1 dont le bras robotisé est destiné à «faire le ménage» dans l’espace en nettoyant les débris évoluant en orbite circumterrestre. Mais certains médias ont estimé que cet engin pouvait aussi attaquer des satellites.

Pour l’instant, l’administration de Donald Trump n’a pas entrepris de démarche en vue de mettre à jour sa politique spatiale. Mais selon le Daily Express, la Maison-Blanche augmente déjà les dépenses militaires et cela pourrait aussi signifier l’éventuel déploiement d’armes dans l’espace.

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Tags:
Traité de défense antimissile (ABM), espace, course aux armements, démilitarisation de l'espace, Fengyun-1C, The Daily Express, Donald Rumsfeld, Chine, Russie, États-Unis
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