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    F-15E

    L’aveu d’un pilote US qui a abattu un drone syrien en juin

    © REUTERS / U.S. Air Force/Senior Airman Matthew Bruch/Handout
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    Le pilote de l’avion F15-E qui a abattu en juin un drone des forces pro-gouvernementales syriennes a révélé à l’hebdomadaire américain Aviation Week que l’US Air Force avait eu peur, à ce moment-là, que deux chasseurs russes se trouvant non loin de la scène n'interprètent la frappe comme étant dirigée contre eux.

    L'US Air Force a craint la réaction des chasseurs russes Soukhoï Su-27 lorsqu'un F15E américain a abattu un drone des forces pro-gouvernementales syriennes. C'est ce qu'a avoué le lieutenant-colonel Jeremy Renken, le pilote de l'avion, à l'hebdomadaire américain Aviation Week.

    L'incident a eu lieu le 8 juin, près de la localité d'At-Tanf dans le sud de la Syrie. Selon la coalition dirigée par les États-Unis, un drone des forces pro-gouvernementales a été abattu après avoir tenté de frapper les troupes de l'opposition syrienne soutenues par la coalition. C'était, selon le pilote, le premier incident connu où les forces pro-gouvernementales en Syrie auraient tenté de frapper la coalition internationale.

    Selon M. Renken, lui et son camarade, qui était à bord d'un autre F15E, ont observé pendant presque une demi-heure un drone de production iranienne Shahed 129, qui s'approchait des forces de la coalition ce jour-là. Les pilotes ont notamment remarqué que le drone était armé de missiles air-sol. Au bout d'un certain temps, les avions sont repartis pour se ravitailler.

    On a appris par la suite que les forces terrestres de la coalition avaient été frappées: un engin était tombé non loin d'un véhicule mais n'avait pas explosé. Les avions sont retournés vers l'endroit où ils avaient vu le drone et ont constaté que l'appareil avait déjà un missile en moins.

    Cependant, le quartier général de l'US Air Force n'a pas immédiatement donné le feu vert pour frapper le drone. Même une demi-heure plus tard, lorsque le drone s'est approché des pilotes américains, ceux-ci n'ont pas osé ouvrir immédiatement le feu car deux Su-27 russes se trouvaient à proximité. Jeremy Renken craignait en effet que les pilotes des chasseurs russes n'interprètent la frappe comme étant dirigée contre eux.

    «Nous étions sûrs qu'ils (les deux Su-27, ndlr) avaient des missiles air-air. S'ils avaient voulu entrer en conflit, ils auraient pu le faire», a confié le lieutenant-colonel au média américain.

    Jeremy Renken a attendu quelques minutes pour que le drone s'éloigne des chasseurs russes et a ensuite tiré un missile AIM-120C.

    Quelques jours plus tard, un avion de la coalition a abattu en Syrie un Su-22 de la Force aérienne syrienne et un autre drone. Les décisions quant au recours à la force ont été prises en quelques minutes seulement.

    Le 19 juin, le ministère russe de la Défense a déclaré que tous les aéronefs, y compris les avions et les drones de la coalition, détectés à l'ouest de l'Euphrate, seront pris pour cible par les moyens de lutte antiaérienne russe aériens et terrestres dans la zone d'opération militaire de l'aviation russe dans le ciel syrien. Par ailleurs, la Russie a décidé de cesser de coopérer avec la partie américaine dans le cadre du mémorandum sur la sécurité et la prévention des incidents dans le ciel syrien.

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    frappes, chasseur, drone, F-15E Strike Eagle, Su-27, Syrie, États-Unis, Russie
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