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    Emmanuel Macron

    À l’Onu, Macron tente de reprendre la main sur le dossier syrien

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    72e session de l'Assemblée générale de l'Onu (22)
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    Analysant la déclaration d’Emmanuel Macron à la tribune de l'Onu, plusieurs experts ont scruté à la loupe, dans un entretien avec Sputnik, les objectifs de la nouvelle doctrine française à l'égard de la Syrie, et ont évalué ses chances de réalisation.

    Le Président français a évoqué la «responsabilité particulière de la France pour que ce pays retrouve la stabilité» lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'Onu. Selon Thomas Flichy de La Neuville, professeur à Saint-Cyr Coëtquidan, cette déclaration de Paris à l'égard de la Syrie s'explique par une volonté de reprendre la main sur le dossier syrien.

    «La France tente de reprendre l'initiative diplomatique en Syrie où sa présence militaire et culturelle est importante. Or, comme nous l'avons vu, au cours des deux dernières décennies, elles n'ont fait que décroître», a déclaré à Sputnik Thomas Flichy de La Neuville.

    En outre, selon l'universitaire, il est difficile pour la France de se présenter en tant qu'interlocuteur incontournable ou comme un arbitre entre les différentes parties, parce qu'elle n'a pas de contacts avec certains États, à la différence de la Russie qui a des liens avec le gouvernement syrien, l'Iran et la Turquie.

    «Ce qui n'est pas le cas de la France qui a une présence uniquement au sein du corps occidental», explique Thomas Flichy de La Neuville.

    En outre, l'iranologue estime qu'il sera difficile pour le nouveau gouvernement de réaliser cette initiative «en raison du passé récent de la présence française en Syrie».

    Pierre Merjaneh, député indépendant d'Alep, est du même avis:

    «Je ne pense pas que l'initiative aboutira à quelque chose de positif. Je pense que les États-Unis ne sont pas très intéressés par cette initiative. C'est la France qui veut revenir en Syrie et retrouver sa crédibilité»

    Dans une interview accordée à Sputnik, M. Merjaneh a indiqué que les récentes déclarations françaises avaient été très contradictoires et que le gouvernement français avait largement perdu sa crédibilité en Syrie.

    «Cette initiative ne peut réussir qu'en collaboration et coopération avec l'État syrien», ajoute le député indépendant d'Alep.

    Essayant d'expliquer le but de cette initiative avancée par Emmanuel Macron, Jacques Hogard, président et fondateur de la société d'intelligence stratégique EPEE, estime que le locataire actuel de l'Élysée cherche à la fois à se différencier de son prédécesseur en matière de politique intérieure et à se différencier des initiatives étrangères:

    «Je pense que cela va nécessairement être le cas ici, car la France est hors-jeu, hélas, en Syrie du fait du parti pris officiel qui a été le sien pour les soi-disant rebelles modérés pendant cinq ans…»

    Lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'Onu, le Président français a évoqué la «responsabilité particulière de la France» pour que la Syrie retrouve sa stabilité. Pourtant, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine CNN, Emmanuel Macron a fait savoir que le règlement de la crise syrienne n'était possible qu'avec l'implication de la Russie, le format de négociations d'Astana, initiées par Moscou, étant le processus politique unique et efficace.

    Dossier:
    72e session de l'Assemblée générale de l'Onu (22)

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    dossier syrien, 71e session de l'Assemblée générale de l'Onu, Emmanuel Macron, Syrie, France
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