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Les autorités américaines, qui ont décidé de boycotter les logiciels de la société de cybersécurité Kaspersky Lab, savent très bien que l'entreprise, pour des raisons de perte de réputation, n'oserait jamais faire du cyberespionnage pour les services de renseignement russes, estime le patron du groupe Evguéni Kaspersky.

Le patron de Kaspersky Lab, groupe russe spécialisé dans la sécurité informatique, a expliqué pourquoi les allégations de cyberespionnage lancées contre son entreprise par les autorités américaines étaient totalement fantaisistes et infondées.

«Je suis sûr qu'ils savent que nous ne pouvons pas le faire. Le fait que l'entreprise emploie des milliers de techniciens ne signifie pas que certains programmeurs […] écrivent chacun une petite partie de code dans un donjon. Ce sont des groupes qui écrivent des morceaux entiers d'un projet. Il est impossible de faire quelque chose sans être vu, 50 personnes le sauraient», a expliqué Evguéni Kaspersky aux journalistes en marge de la conférence Cybersécurité industrielle: la sauvegarde du progrès technique qui se tient du 27 au 29 septembre à Saint-Pétersbourg.

Il a souligné qu'en cas d'intervention des autorités russes dans les affaires intérieures de son groupe, ce dernier risquait de perdre sa crédibilité et, par conséquent, son argent.

«Il est tout simplement techniquement impossible d'y glisser une "épingle à cheveux secrète". Nous lançons des mises à jour mais elles sont toutes vérifiées. C'est-à-dire que si nous y introduisons quelque chose, ça se verra. Ils disent que les autorités [russes, ndlr] peuvent venir et contraindre à faire quelque chose de mauvais, mais ce serait une "blessure intentionnelle", ce serait une sentence pour toutes les entreprises de logiciels russes, c'est des milliards de dollars par an de perte non seulement pour nous, mais pour tout le monde. C'est fou, c'est techniquement impossible», a-t-il ajouté.

Evguéni Kaspersky a également déclaré qu'il ne connaissait pas la date de son intervention devant la commission pour la science, l'espace et les technologies de la Chambre des représentants des États-Unis.

«S'ils précisent une date, alors oui j'y irai. J'ai déjà indiqué que certaines dates ne me convenaient pas, parce que j'ai déjà des impératifs. J'ai un visa qui m'a été rapidement délivré», a-t-il conclu.

Le département américain de la Sécurité intérieure a appelé le 13 septembre les établissements publics du pays à désinstaller sous 90 jours les logiciels antivirus de la société russe Kaspersky Lab, en raison de liens prétendus de l'entreprise «avec les services de renseignement et d'autres institutions russes».

Kaspersky Lab a nié tout lien avec le Kremlin et déclaré que ces allégations étaient sans fondement. L'entreprise russe s'est dit certaine que l'enquête lancée aux États-Unis démontrera qu'elle n'a pas de liens avec les autorités de la Fédération de Russie.

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Tags:
cybersécurité, Kaspersky Lab, Evgueni Kaspersky, États-Unis, Russie
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