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    Un drone américain en Afghanistan

    Entre Charybde et Scylla: les civils afghans face à la CIA et au Pentagone

    © AFP 2017 Bonny Schoonakker
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    Les États-Unis pourraient élargir l’utilisation des drones lors des opérations militaires en Afghanistan. Selon les analystes et hommes politiques afghans interrogés par Sputnik, cela pourrait augmenter le nombre des victimes parmi les civils afghans sans pour autant améliorer les résultats de la lutte contre le terrorisme.

    Si la Maison-Blanche accepte la proposition de la CIA d’augmenter le nombre des drones utilisés en Afghanistan pendant les missions militaires, les frappes censées éliminer les terroristes risquent de faire plus de victimes civiles, ont déclaré à Sputnik des hommes politiques et analystes afghans.

    Pour Hadji Allagul, député de Kaboul au parlement afghan et ancien moudjahidine, les militaires américains sont coupables des morts civiles et le nouvel élargissement des activités de la CIA ne pourra pas améliorer la situation dans le pays.

    «Les Américains ne respectent pas le peuple afghan. Ils bombardent nos maisons et même nos fêtes de mariage. En Afghanistan, personne ne souhaite la présence étrangère et surtout la présence américaine», a indiqué M.Allagul.

    Selon Ruhollah Ahmadzai, expert en relations internationales et de l’Afghanistan, bien que les opérations de l’Otan et des États-Unis en Afghanistan ne visent pas les civils, elles présentent toujours des risques.

    «Ces opérations ne viseront pas les civils, mais les terroristes situés dans les régions frontalières et sur le territoire pakistanais. Le seul risque que ces opérations peuvent présenter est celui des frappes de riposte pakistanaises», a noté M.Ahmadzai.

    En plus, il est peu probable que l’élargissement des activités de l’Otan en Afghanistan donne des résultats positifs, d’après lui.

    «La coalition dirigée par les États-Unis n’a pas obtenu de résultats tangibles en 15 ans de lutte contre le terrorisme sur le territoire afghan», a-t-il rappelé.

    La cause principale de l’échec essuyé par Washington en Afghanistan est sa complaisance envers le Pakistan qui utilise les milliards de dollars d’aide versés par les États-Unis et leurs alliés européens pour financer des groupes terroristes et extrémistes, estime M.Ahmadzai. L’expert a mis en valeur le rôle du Président afghan Ashraf Ghani et du gouvernement du pays qui avaient réussi à lancer un dialogue constructif et à présenter des preuves attestant que le Pakistan finançait le terrorisme.

    Le doyen de la chaire de journalisme à l’Université de Kaboul, Mohammad Wahid Gharval, a indiqué à Sputnik que les frappes des drones américains ne feraient pas de victimes civiles si les militaires les réalisaient de manières correcte et efficace.

    Abbas Ferasu, analyste politique, est de même avis: «Si ces opérations militaires sont bien organisées et coordonnées, elles ne feront pas de victimes parmi les civils».

    La coalition internationale dirigée par les États-Unis lutte contre le terrorisme et l’extrémisme en Afghanistan depuis 15 ans, mais cette lutte n’a toujours pas porté ses fruits. Selon le journal The New York Times, le directeur de l’Agence centrale de renseignement (CIA) Michael Pompeo cherche à persuader le Président américain Donald Trump d’élargir l’utilisation des drones lors des missions militaires en Afghanistan. La Maison-Blanche examine cette proposition de M.Pompeo que Donald Trump devrait prochainement rencontrer.

    Dans le même temps, des officiels à Washington craignent que la réalisation de ce projet ne provoque l’élargissement des opérations de la CIA en Libye, en Somalie et au Yémen où les États-Unis affrontent les terroristes de Daech et d’Al-Qaïda.

    Selon l’ONG Bureau of Investigative Journalism, le nombre des frappes aériennes effectuées en Afghanistan a plus que doublé après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Au cours des neuf premiers mois de 2017, les États-Unis ont effectué 2.353 frappes en Afghanistan contre 1.071 en 2016. Entre 30 et 90 civils dont une trentaine d'enfants ont été tués. D’après certains experts, l’intensification des activités militaires américaines en Afghanistan risque de compliquer la situation dans le pays.

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    meurtre de civils, frappe aérienne, drone, Bureau of Investigative Journalism, CIA, Pentagone, Mohammad Wahid Gharval, Ruhollah Ahmadzai, Mike Pompeo, Donald Trump, Afghanistan, États-Unis
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