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    Pourquoi ce qui a été autorisé pour le Kosovo ne l’est-il pas pour la Catalogne?

    Pourquoi ce qui a été autorisé pour le Kosovo ne l’est-il pas pour la Catalogne?

    © AFP 2017 ARMEND NIMANI
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    La Catalogne après le référendum d’autodétermination (42)
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    Évoquant le référendum catalan jugé «illégal» par l’UE, le Président serbe Aleksandar Vucic a rappelé que Bruxelles avait reconnu en 2008 la déclaration d'indépendance du Kosovo, alors même qu'elle n'avait fait l'objet d'aucun plébiscite. Slavka Kojic, experte en droit international, commente la situation pour Sputnik.

    Intervenant lors d'une conférence de presse lundi 2 octobre, le Président serbe Aleksandar Vucic a dénoncé une incohérence dans la position adoptée par l'Union européenne et fustigé notamment «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de Bruxelles.

    «Comment se fait-il que, dans le cas de la Catalogne, le référendum d'indépendance ne soit pas valide, mais qu'à ses yeux [de l'UE, ndlr] la sécession du Kosovo, pourtant organisée sans référendum, le soit?», s'est interrogé M.Vucic, cité par la chaîne de télévision serbe B92.

    Selon le chef de l'État serbe, c'est le meilleur exemple du deux poids deux mesures et de l'hypocrisie en politique mondiale. 

    Les pays ayant reconnu l'indépendance du Kosovo devraient revenir sur leur décision conformément au principe «rebus sic stantibus», selon lequel les dispositions d'un traité ou d'un contrat ne restent applicables que pour autant que les circonstances essentielles qui ont justifié la conclusion de ces actes demeurent en l'état, a rappelé Slavka Kojic à Sputnik.

    «Après le référendum en Catalogne, les circonstances ont radicalement changé, ce qui était tout à fait imprévisible en 2008, soit au début du processus de reconnaissance internationale du Kosovo. La position de la Commission européenne, à savoir son soutien à l'intégrité territoriale de l'Espagne, comparée à sa reconnaissance antérieure de la légalité de la violation de l'intégrité territoriale de la Serbie, c'est justement un changement radical des circonstances, ce qui justifie la révision des décisions sur la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo», a expliqué Mme Kojic.

    L'interlocutrice de l'agence a souligné que le devoir de réviser ou de révoquer telle ou telle décision est à la base des relations internationales qui prévoient l'égalité en droits de tous les États quand il s'agit de leur souveraineté, ainsi que de leurs droits et obligations.

    En 2014, Vladimir Poutine avait indiqué que la situation au Kosovo et en Crimée était «exactement la même», mais que la diplomatie occidentale, dans sa grande majorité, avait choisi de traiter les deux cas de manière différente.

    «Nos partenaires occidentaux ont créé le précédent du Kosovo de leurs propres mains», avait alors souligné le Président russe.

    Placée sous administration de l'Onu en 1999, la province du Kosovo, historiquement serbe mais peuplée majoritairement d'Albanais, a proclamé son indépendance vis-à-vis de Belgrade en 2008. Ce statut n'est cependant pas reconnu par 35 pays, dont la Russie, la Chine ou l'Espagne.

    En vertu de la constitution serbe, le territoire kosovar fait partie de la République de Serbie, bien que Belgrade n'en ait plus le contrôle.

    Le référendum sur l'autodétermination de la Catalogne s'est déroulé dimanche 1er octobre malgré l'opposition de Madrid.

    Dossier:
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    Tags:
    intégrité territoriale, hypocrisie, indépendance, référendum, référendum d'indépendance en Catalogne (2017), Sputnik, Commission européenne, Union européenne (UE), Slavka Kojic, Vladimir Poutine, Aleksandar Vucic, Crimée, Kosovo, Serbie, Catalogne, Espagne
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