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    Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi et le Président français Emmanuel Macron à Paris

    Irak: Macron appelle au respect des droits des Kurdes

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    Gaëlle Nicolle
    Polémique autour du référendum kurde (2017) (48)
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    Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, en visite à Paris, a martelé jeudi qu'il ne voulait pas de "confrontation armée" avec la région autonome du Kurdistan. Après les tensions diplomatiques concernant le but de sa visite dans la capitale, Paris a clarifié sa position.

    «La France est prête, si les autorités irakiennes le souhaitent, à contribuer activement à la médiation enclenchée par l'Onu», a déclaré le Président français Emmanuel Macron à M. al-Abadi à l'issue d'un entretien ce jeudi à l'Élysée.

    «La diplomatie française ne s'avance pas davantage sur la question et se range du côté de la communauté internationale», commente Myriam Benraad, professeur assistante en Sciences Politiques à l'Université de Leyde, et «a priori derrière la politique qui sera celle des États-Unis, qui pour le moment suivent une politique de rejet de cette indépendance organisée de manière unilatérale ».

    Alors que Daesh perd du terrain en Irak, la situation se tend du côté des Kurdes, qui sont dans les premiers rangs dans la lutte contre les terroristes de l'État Islamique. Le référendum organisé le 25 septembre dernier où 92,7 % des électeurs votèrent en faveur de l'indépendance, a entraîné une grave crise entre Bagdad et la région kurde, et crispé pendant un temps les relations Bagdad-Paris. Le chef de l'État appelle au respect des droits des Kurdes, qui doivent être "reconnus dans le cadre de la Constitution" irakienne.

    Si Emmanuel Macron n'a jamais apporté un appui explicite à la cause kurde, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères également présent ce jeudi, avait qualifié en septembre ce vote d'«initiative inopportune». Les États-Unis avaient décidé de ne pas reconnaître ce référendum «unilatéral».

    Les positions française, américaine, des membres de la coalition et des Nations Unies seraient d'essayer «par tous les moyens, non pas de contre carrer l'évolution politique des Kurdes mais de faire en sorte que cette annonce d'indépendance reste de pure forme», sans froisser les Peshmergas avec qui Paris entretien des «relations d'amitiés», comme l'a déclaré Emmanuel Macron, et qui sont en première ligne face à Daesh. On est «très largement dans le discours de forme», analyse Myriam Benraad, également auteure de «L'État islamique pris aux mots», soulignant la position d'équilibriste de Paris face à Bagdad et Erbil.

    La question de la proposition française de médiation sur le Kurdistan irakien plaçait quelque peu la rencontre sous pression, elle a finalement été éludée. Le «séparatisme» kurde n'est pas «acceptable», pour le Premier ministre Haïdar al-Abadi, qui a coupé vendredi les liaisons aériennes entre le Kurdistan irakien et l'étranger comme mesure de rétorsion, et demande à la région d'annuler ce référendum. Al-Abadi a martelé qu'il ne voulait pas de «confrontation armée» avec la région autonome du Kurdistan, sans répondre à Emmanuel Macron sur sa proposition de médiation. L'agence turque Dogan affirme de son côté que le Président français devrait recevoir les deux hommes.

    Emmanuel Macron s'est félicité «que pour l'heure, le calme et la retenue aient prévalu»: mais des tensions plus vives, à l'avenir, ne sont pas à exclure, estime Myriam Benraad. C'est le cas notamment du territoire disputé de Kirkuk, «capitale naturelle» du Kurdistan irakien au yeux nationalistes, et emblème des dissensions intra-kurdes: «On a une carte, une stratégie kurde elle-même très divisée. […] A Kirkuk, on a aussi la présence du PKK, de miliciens chiites… Derrière ce bras de fer entre Erbil et Bagdad, on a d'autres acteurs.»

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    Tags:
    Kurdes, Emmanuel Macron, Kurdistan, France, Irak
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