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    Leszek Miller

    «Des ours ivres armés de mitraillettes ne courent pas dans les rues de Moscou»

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    Leszek Miller, ancien Premier ministre polonais et ancien président de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD), a évoqué dans une interview exclusive accordée à Sputnik la crise actuelle des relations entre Varsovie et Moscou et les chances d’en sortir, ainsi que les supporters polonais à la Coupe du Monde 2018.

    La russophobie est devenue une sorte de doctrine d'État en Pologne et on a bien l'impression que Varsovie est revenu au XXe, voire au XIXe siècle, pour se retrouver entre la Russie, considérée comme le principal ennemi de la Pologne, et l'Allemagne, son ennemie elle aussi, a déclaré à Sputnik Leszek Miller qui vient de participer à la XIVe réunion annuelle du Club de Discussion Valdaï à Sotchi.

    «L'instrumentalisation d'une prétendue menace russe est devenue un phénomène quotidien dans la politique polonaise. Mais à quoi bon la Russie attaquerait-elle la Pologne? Personne ne l'explique, mais il est tout à fait évident pour bien des politiciens polonais qu'une intervention militaire de Moscou est bel et bien inévitable», a indiqué l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que tous les jours, les autorités polonaises s'appliquaient à crédibiliser la thèse de l'imminence de la menace russe, ce qui ne restait évidemment pas sans effet sur les états d'esprit des habitants du pays.

    «À ma question de savoir mais pourquoi donc la Russie agresserait la Pologne, on me répond: parce que c'est dans le caractère de la Russie. Parce que c'est dans le caractère de Poutine. Parce que Poutine veut restaurer l'empire soviétique, et on doit par conséquent en conclure que le Président russe a de mauvaises intentions», a poursuivi M.Miller.

    Évoquant les perspectives de normalisation des relations entre Moscou et Varsovie, il a estimé que la phase d'un certain réchauffement entre la Pologne et la Russie était malheureusement révolue.

    «On assiste en Pologne à la politisation de l'histoire qui est instrumentalisée dans la lutte politique. […] Les Présidents polonais et russe ne se rencontrent plus, ce qui n'a rien de réjouissant en soi», a constaté l'interlocuteur de Sputnik.

    Selon ce dernier, s'il n'est pas possible de s'entendre au niveau officiel, il serait bon que la réconciliation et la coopération se fassent à l'échelle de la société civile et des ONG.

    «Il se peut que quelque chose change notamment lors de la prochaine Coupe du Monde de football quand plusieurs milliers de supporters polonais viendront en Russie et verront que des ours ivres armés de mitraillettes ne courent pas dans les rues de Moscou, et qu'on peut dialoguer et forger des amitiés avec les Russes», a estimé M.Miller.

    Et de conclure que ce serait peut-être un moment propice pour dissiper les clichés inculqués jour après jour à l'opinion publique polonaise par la propagande officielle.

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    menace russe, politiciens, premier ministre, président, cliché, opinion publique, propagande, Alliance de la gauche démocratique (SLD), Club de discussion Valdaï, Sputnik, Leszek Miller, Vladimir Poutine, Varsovie, Sotchi, Moscou, Pologne, Allemagne, Russie
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