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En visite à Belgrade Hoyt Brian Yee, conseiller adjoint du secrétaire d’État américain pour l’Europe et l’Eurasie, a exprimé la préoccupation des États-Unis quant à l’influence de Moscou sur les Balkans, appelant la Serbie à ne pas tergiverser entre la Russie et l’Occident. Son attitude «cynique» a été commentée pour Sputnik par des experts serbes.

Dans un entretien à Sputnik, le politologue serbe Dragomir Andjelkovic a qualifié le comportement de Hoyt Brian Yee d'«extrêmement cynique».

«Nous constatons que les États-Unis, sans être membre de l'UE, se permettent de poser des conditions concernant l'adhésion à l'UE. C'est un affront pour Bruxelles et l'UE. Les États-Unis montrent qui est, en réalité, aux commandes. De plus, une pression brutale sur la Serbie rappelle le comportement de Richard Holbrooke dans les années 1990», a relevé M. Andjelkovic.

Selon lui, tout porte à croire que les États-Unis cherchent à déplacer sur les Balkans le centre de confrontation géopolitique avec la Russie.

«À ce qu'il paraît, après la crise ukrainienne et syrienne, ils pensent que les Balkans offrent un terrain approprié pour se mesurer à la Russie et faire pression sur Moscou et les États qui cherchent à garder de bonnes relations avec la Russie», a ajouté l'expert.

Dusan Prorokovic du Centre d'alternatives stratégiques de Belgrade estime que les déclarations de ce genre, de plus en plus fréquentes, témoignent d'une forte nervosité de Washington suite à la perte de positions dans les Balkans.

«Si l'on compare la situation actuelle avec celle d'il y a cinq ans, l'influence des Etats-Unis dans les Balkans a sensiblement diminué, tandis que la Russie, tout comme la Chine et la Turquie, sont devenues des acteurs beaucoup plus actif. Il va de soi que l'Amérique doit être engagée dans le règlement des processus dans les Balkans, comme les autres grandes puissances, mais avec son approche, elle est plutôt génératrice de problèmes que génératrice de solutions», signale Dusan Prorokovic.

Les deux experts estiment cependant que la Serbie doit poursuivre une politique de coopération incluant tous les facteurs importants de la politique internationale de manière équilibrée. Dragomir Andjelkovic explique que la Serbie se trouve dans la zone de domination occidentale et est vulnérable à ses menaces, alors que la Russie joue un rôle très important car elle défend les intérêts serbes liés au Kosovo et à la République serbe de Bosnie.

Hoyt Brian Yee a appelé le président serbe Aleksandar Vucic à «ne pas rester assis entre deux chaises» et à choisir entre la Russie et l'Occident, citant en exemple la Croatie qui avait privilégié l'adhésion à l'UE et le Monténégro qui avait adopté la même attitude à l'égard de l'Otan.

La diplomatie russe n'est pas restée sans réagir à la déclaration de M. Yee. Moscou estime qu'elle «vise à torpiller les relations entre les deux pays» et a appelé les États-Unis à ne pas créer d'obstacles à la coopération entre elle et Belgrade.

 

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Tags:
adhésion, Union européenne (UE), Hoyt Brian Yee, Dragomir Andjelkovic, Aleksandar Vucic, Dusan Prorokovic, République serbe de Bosnie, Serbie, États-Unis, Russie
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