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En 2015, l’Uruguay a accepté d’accueillir six prisonniers que les États-Unis détenaient dans leur prison de Guantánamo à Cuba. La journaliste uruguayenne Diana Cariboni a supposé dans un entretien accordé à Sputnik que cela aurait été fait dans le cadre d’une sorte de coopération secrète en matière de lutte antidrogue.

Différentes sources confirment que les pays qui ont accepté d'accueillir d'anciens détenus de Guantánamo ont reçu de Washington des compensations économiques, notamment en matière de lutte contre le trafic de drogues, a raconté à Sputnik Diana Cariboni, à qui on doit le livre intitulé «Guantánamo entre nosotros» («Guantánamo parmi nous»).

«Les États-Unis auraient demandé à l'Uruguay de leur rendre un service. Auparavant, il est déjà arrivé que Washington accorde une assistance à Montevideo dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, mais il se peut que cette fois les États-Unis aient proposé d'augmenter le volume d'une telle assistance ou, peut-être, de durcir ou, par contre, d'adoucir leurs menaces en cas de refus de Montevideo», a rappelé l'interlocutrice de l'agence.

Et d'ajouter qu'elle avait demandé au gouvernement uruguayen à avoir accès aux informations sur les conditions de cet accord entre Washington et Montevideo, mais qu'elle avait été déboutée.

Guantanamo
© Sputnik . Denis Voroshilov

Soupçonnant une entente secrète entre les États-Unis et l'Uruguay, la journaliste a poursuivi ses démarches, mais en vain.

Le 13 octobre dernier, le ministère uruguayen de l'Intérieur a déclaré que les informations sollicitées par Mme Cariboni étaient classées secret «pour des raisons d'ordre public et de sécurité nationale».

«Si le ministère affirme que ces informations mettent en cause la sécurité nationale du pays, il doit le prouver. En outre, les données sur le budget et la comptabilité sont accessibles au public et ne peuvent pas être classées», a souligné la journaliste.

Selon cette dernière, il est très important de savoir quel genre de coopération dans la lutte contre le trafic de drogues lie l'Uruguay et les États-Unis.

«En Amérique latine, la lutte contre le trafic de drogue signifie souvent la militarisation et l'escalade de la violence et, dans le cas de l'Uruguay, pays qui n'est pas du tout transparent, une telle liaison avec les États-Unis prend une gravité toute particulière», a conclu Mme Cariboni, promettant de faire appel à la justice si ses démarches auprès des administrations échouaient.

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Tags:
militarisation, sécurité nationale, détenus, prisonniers, prison, justice, violences, Sputnik, Diana Cariboni, Montevideo, Guantanamo, Uruguay, Cuba, Amérique latine, Washington, États-Unis
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