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    «Assassin financier» Perkins: «la NSA et la CIA opèrent sous couvert de l’économie»

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    John Perkins, auteur des «Confessions d’un assassin financier», a parlé dans un entretien accordé à Sputnik du rôle des services secrets américains au sein du système économique mondial.

    Les assassins financiers ou économiques sont des professionnels grassement payés pour escroquer des milliards de dollars à divers pays du globe, en dirigeant l'argent de la Banque mondiale, de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et d'autres organisations «humanitaires», vers les coffres de grandes compagnies et de quelques familles richissimes qui contrôlent les ressources naturelles de la planète.

    John Perkins a confié à Sputnik qu'il avait été lui-même un assassin financier quand il travaillait dans une société de consultation internationale à Boston, aux États-Unis.

    «Ma tâche consistait alors à répartir les prêts de la Banque mondiale entre les gouvernements des pays en développement et à les rendre ainsi dépendants des compagnies américaines. En outre, ces crédits étaient instrumentalisés pour faire pressions en vue de faire aboutir des objectifs politiques des États-Unis sur la scène internationale ou de réaliser les missions de la NSA et de la CIA dans ces pays», a raconté l'interlocuteur de l'agence.

    Et de préciser qu'au début il ne se rendait même pas compte que sa société travaillait pour le compte des services secrets.

    «La NSA et la CIA opèrent sous couvert de l'économie. Moi personnellement, je n'ai jamais été rémunéré par ces agences, mais par mon employeur, notamment la société Chas T. Main qui avait été payée par ces services secrets pour la réalisation de leurs projets d'infrastructure dans des pays pauvres», a expliqué M.Perkins.

    On lit notamment dans son livre que les «assassins financiers» qui ne faisaient au fond rien d'illégal n'étaient pas payés par le gouvernement, qui n'encourrait ainsi aucune responsabilité si le sale boulot de ces agents était dévoilé au grand jour.

    Selon l'auteur, les assassins financiers jouent à un jeu vieux comme le monde, mais qui atteint des proportions terrifiantes en cette époque de mondialisation.

    En proie à une vive culpabilité et à une profonde dépression, John Perkins a fini par démissionner en 1980, après avoir pris conscience de son propre rôle de criminel dans la manipulation des économies mondiales pour le compte des États-Unis, ainsi que son immense responsabilité personnelle dans l'exploitation des déshérités et du pillage de la planète.

    Tags:
    États-Unis, mondialisation, services secrets, argent, prêt, pillage, Les Confessions d’un assassin financier, Sputnik, Chas T. Main, Banque mondiale (BM), Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), CIA, Agence nationale de sécurité américaine (NSA), John Perkins, Boston
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